Uyuni, bouche salée et yeux étoilés

Le salar d’Uyuni résonne comme un rêve éveillé dans la bouche des voyageurs que nous croisons et c’est le lieu parfait pour des retrouvailles avec les parents de Micka, Isabelle et Bruno. Un magnifique moment en perspective, entre famille et paysages de folie.

Mais avant tout voici le sommaire de cet article :

Les retrouvailles en famille

Après une super semaine passée à Sucre, deuxième capitale de la Bolivie, nous partons de nuit pour un Sucre-Uyuni de 8h. Après une nuit agitée, le bus nous déverse tels des zombies dans la ville complètement vide d’Uyuni, à 4h30 du matin. Nous étions censés arriver à 6h, soit, notre hôtel tient une réception H24. Nous sonnons désespérément sans réponse, pétrifiés par le froid et la fatigue. Personne. Nous partons dans la direction du bar d’un des racoleurs qui attendait à la sortie du bus et qui nous avait proposé un petit déjeuner et une salle chaude afin d’attendre ailleurs que dehors.

Astuce transport : Transport Sucre-Uyuni pour 80Bs, départ à 20h pour 8h de transport.

Accompagné d’un allemand qui parle qu’anglais et d’une polonaise qui parle que français (et qui essayent quand même de se parler par notre intermédiaire) nous attendons tant bien que mal les paupières bien lourdes. Arrive enfin le moment de rejoindre l’hôtel où nous avions donné rendez-vous à Isa et Bruno à 8h du matin, pour des retrouvailles après 4 mois sans se voir. Après de gros câlins et des grands sourires, nous récupérons nos chambres respectives et partons pour un petit déjeuner accompagné des récits de notre voyage, des nouvelles de la France, des infos loupées, des sensations de chacun !

Suite aux retrouvailles, nous allons voir l’agence Salty Desert afin de confirmer notre séjour que nous avions déjà pris soin de réserver. Beaucoup de personnes arrivent cependant à Uyuni sans tour et le book sur place, généralement pour 3 jours, sans aucun problème. Nous avions décidé de jouer la sécurité et nous voulions également une voiture privée pour 4 jours afin d’avoir le temps d’en prendre plein les mirettes. Elodie insiste auprès de l’agence pour rajouter à notre expédition une excursion nocturne pour aller voir les étoiles dans le Sud Lipez, ce qu’ils acceptent. Rendez-vous le lendemain pour un départ à 9h00 !

Astuce agence : Pour un tour privé de 4 jours Uyuni-Uyuni, pour 4 personnes avec l'agence Salty Desert : 7200Bs. Ce n'est pas le moins cher mais l'agence nous avait été chaudement recommandée, nous n’avons aucun regret. Sur la route il y a des dépenses en plus, toilettes, entrées parc, île aux cactus, etc. Prévoir 300Bs supplémentaires par personne.

Le cimetière de train

C’est parti pour 4 jours de folie en famille et c’est Michael, notre guide et chauffeur qui est aux commandes de notre bolide. Une belle jeep tout confort avec le plus important : des bonnes roues et un bon chauffage. On indique également que nous avons zéro musique sur notre téléphone, c’est donc DJ Michael qui mettra l’ambiance pendant le trip ! Michael chouchoute sa voiture ce qui nous rassure au vue de pas mal d’histoire d’incidents dans le salar.

Première étape avant de filer dans le désert : le cimetière de train. Ces géants de métal, abandonnés et rouillés furent autrefois utilisés pour le transfert de minerais, des mines jusqu’à la côte pacifique. Aujourd’hui avec l’épuisement des mines, les locomotives et wagons sont restés sur place, inactifs, laissant toutefois une mémoire de l’ancienne activité ferroviaire de la ville.

Nous faisons ensuite la visite d’un village étape où l’on peut acheter de l’artisanat, c’est à dire une tonne de produits dérivés de lama, alpaga et tissus andins ainsi que du sel produit à Uyuni. On peut également y voir le processus de transformation du sel et des sculptures de sel (moches). C’est l’occasion aussi de faire une pause pipi à 5Bs chacun, une blague financière qui va perdurer pendant 4 jours.

Enfin nous rentrons dans le vif du sujet.

Le Salar d'Uyuni

Après quelques kilomètres en voiture nous découvrons une vaste étendue immaculée. La blancheur du salar rayonne et il vaut mieux porter ses lunettes de soleil si l’on ne veut pas se brûler la rétine. Ce désert de sel mesure 10582km2, est situé à 3658 mètres d’altitude et il arrive numéro un sur le podium du plus grand désert de sel au monde. Il représente également la moitié de la réserve mondiale de lithium, en espérant que ça ne soit pas un avenir obscur d’exploitation intensive qui lui soit destiné.

La présence d’un tel désert est due à la disparition d’un lac il y a 14 000 ans qui s’est asséché et a laissé derrière lui une énorme couche de sel. L’épaisseur du désert est très variable avec une fourchette de 2 à 120 mètres. Nous restons béats face à tant d’immensité, le plus incroyable étant la quasi absence de perspective. En effet, les montagnes sont lointaines et se voient donc très peu, et à part une jeep de temps à autre qui ressemble à un jouet sorti de Toy Story tellement elle semble minuscule, il n’y à rien à signaler !

Nous effectuons d’abord une pause déjeuner excellente où nous nous régalons les papilles. Nous sommes à côté de la sculpture du Dakar et de l’espace aux drapeaux du salar où Micka, Isa et Bruno trouvent même leur drapeau favori : La Charente-Maritime !

Nous repartons pour se retrouver au milieu du désert et c’est à ce moment là que la fameuse étape du shooting photo s’effectue ! Michael notre déjà guide et chauffeur devient photographe professionnel et s’installe sur son tapis de sol de voiture par terre. Il nous invite à suivre ses indications ! « Plus loin, plus près, à droite, à gauche, devant, derrière ! » Non, nous ne dansons pas La danse d’Hélène mais nous nous positionnons chacun et jouons avec la perspective pour des photos inoubliables ! Le résultat ci-dessous !

Fini de s’amuser avec les photos, nous filons sur le Salar pour retrouver le village où l’on va dormir dans un hôtel de sel. Après s’être installés, nous ressortons pour assister à un coucher de soleil flamboyant ! L’horizon s’embrase dans un dégradé de couleur du bleu au jaune. En rentrant un repas bien chaud réchauffe nos corps pendant qu’une partie de belote échauffe nos esprits ! On sort de cette première journée déjà très contents de l’expédition.

Le volcan Tunupa

Pour ce deuxième jour, nous nous dirigeons vers le volcan Tunupa qui culmine à 5321m d’altitude afin d’accéder à son mirador. Nous sommes à plus ou moins 3800m et devons monter à 4500m. Nous grimpons et y laissons un demi-poumon, mais la vue vaut largement le coup ! D’un côté un volcan, de l’autre l’étendue blanche du désert. Vu de plus haut on se rend mieux compte de l’amplitude de ce géant de sel.

La descente se fait en compagnie des lamas et des vigognes et nous voilà repartis dans notre jeep pour un pique-nique au milieu du désert. La deuxième partie de la journée nous mènera quant à elle à l’île aux cactus.

L’isla Incahuasi

Nous arrivons au pied d’une île au milieu du désert de sel et connue pour ses innombrables cactus, l’une des seules plante qui arrive à pousser dans ce milieu hostile qu’est ce désert froid et salé ! Nous y faisons le tour et voyons des cactus sous toutes les formes, parfois très grands et très épais. Nous profitons encore une fois d’une vue panoramique sur le salar qui est juste géniale !

Nous avons un peu de route pour rejoindre notre deuxième hôtel de sel mais nous nous arrêtons sur la route pour un second coucher de soleil sur une partie du salar immergée par l’eau. Les couleurs sont encore une fois dingues et le reflet est hors de toute réalité ! On en prend pleins les yeux encore une fois !

Le Sud Lipez

Les jours 3 et 4 de l’expédition se situent dans le Sud Lipez, pratiquement jusqu’à la frontière chilienne. C’est une région aride de la Bolivie marquée par de nombreuses montagnes, lagunes colorées et zones désertiques. Nous y passerons 1 jour et demi avec une demi journée supplémentaire pour le retour jusqu’à Uyuni.

Nous avons donc vu des lagunes de toutes les couleurs, bleu, rouge, verte, blanche… un feu d’artifice aquatique ! Les différentes couleurs des lagunes sont liées à la concentration de minéraux dans l’eau, la laguna verde par exemple doit son vert à la forte présence de cuivre.

L’une des plus colorées est sans aucun doute la laguna colorada, rouge vif, qui doit sa couleur à des sédiments et des pigments d’une algue présents dans l’eau. C’est un incroyable spectacle de voir cette étendue d’eau rougeâtre avec ses flamands roses et ses lamas sur fond de montagnes !

La troisième nuit dans le sud Lipez fut également haute en émotions : la nuit la plus froide et la plus désagréable en termes de confort, mais une nuit où nous nous sommes tous endormis avec une voie lactée dans les yeux… Littéralement. En effet, notre sortie nocturne pour voir les étoiles fut impressionnante et c’est, sous une voie lactée claire et des millions d’étoiles, que nous passons un moment bouche bée. Il fait très froid mais le jeu en vaut la chandelle, Michael nous sort un méga laser et nous montre certaines constellations, une sortie nocturne où l’on se sent tous très petits face à l’immensité du ciel.

Après une nuit glaciale, nous partons avant les premiers rayons de soleil pour profiter d’un lever de soleil et d’un dégradé de couleurs ocre sur les montagnes et les geysers vers lesquels nous nous dirigeons. L’ambiance se réchauffe auprès des cratères en ébullition et le soufre remplit nos narines. Les volutes de fumée sont denses et on a l’impression que la terre fume un narguilé gigantesque !

C’est ensuite à notre tour de rentrer en ébullition et nous nous dirigeons vers les eaux thermales où l’eau approche des 38 degrés, c’est la première fois en 4 jours que l’on a autant chaud ! Isa est aux anges, elle qui rêvait de plage et de soleil, le salar était beau mais glacial ! La sortie de l’eau est un peu moins drôle mais une fois la voiture atteinte, nous voilà tous ramollis par les thermes ! Ça tombe bien, nous sommes en direction du retour pour Uyuni, où nous croiserons d’autres paysages désertiques sur la route !

Ces quatre jours fûrent réellement magiques autant par les paysages grandioses que par le partage en famille. Nous repartons maintenant chacun de notre coté, les parents de Micka vers le Pérou et nous deux, vers une autre immensité, le lac Titicaca.

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