Une virée au paradis, de Tolu à l’île Mucura

Avec notre date de rencontre qui approche, nous décidons de rejoindre une dernière fois la côte Caraïbe pour s’offrir un petit moment au paradis sur l’île Mucura. Entre cabane dans les airs, plage de sable blanc et eau turquoise, nous découvrirons aussi les villages côtiers de Tolu et de l’île où les habitants très accueillants vivent simplement.

Mais avant tout voici le sommaire de cet article :

Quelques jours à Santiago de Tolù

Nous arrivons après une nuit de transport à 6h du matin au « terminal » du village côtier de Tolù. Terminal est un bien grand mot pour le coin de rond point sur lequel le bus vient de nous lâcher. Pourtant nous sommes attendus par les vélotaxis du village. Oui oui vous avez bien compris « vélotaxi », ici contrairement à tout le reste de la Colombie, il n’y a pas de mototaxi ou de taxi, on embarque plutôt dans des vélos avec une banquette arrière pour 2 ou 3 personnes et le conducteur vous emmène « tranquillo » à votre destination. Un rythme différent, où prendre son temps est le leitmotiv local.

Astuce transport : La compagnie Unitransco assure 5 départs par jour de Santa Marta à Tolù en passant par Baranquilla et Carthagène. Nous sommes partis à 21h30 pour 50 000 COP, 8h30 de trajet.

Comme toujours, dès que nous pouvons marcher pour économiser quelques pesos, nous choisissons nos patounes comme moyen de transport, notre hôtel n’étant qu’à 20min. Il faut dire que nous sommes quasiment à la vitesse des vélotaxis. Nous traversons un village qui se réveille paisiblement, quelques personnes dans les rues reviennent des courses et nous saluent avec un grand sourire, deux trois balayeurs à la tâche et quelques gargotes qui ouvrent leur porte pour les premiers « desayuno » (petit déjeuner). C’est calme, paisible, loin des sentiers touristiques, d’ailleurs ces derniers ne font que passer pour rejoindre les îles paradisiaques de l’archipel San Bernardo. Nous y resterons deux jours pour profiter de la vie locale que nous aimons tant découvrir.

Un petit arrêt chez Dona Ana pour un petit déjeuner roboratif, « Ah bon vous ne voulez pas des escalopes de poulet ou un poisson grillé pour le desayuno?!? – Non non juste des oeufs brouillés et ça ira, merci ! » Mais la petite dame a peur qu’on meurt de faim et nous aurons finalement des œufs, des saucisses, des arepas et du manioc pour un peu plus d’un euro, que demander de plus si ce n’est un lit pour aller digérer tout ça. D’ailleurs nous arrivons à la Villa Alexandra où nous installons nos quartiers dans une belle chambre avec salle de bain privée. Un peu de repos s’impose après cette longue nuit en bus depuis Santa Marta.

Astuce logement : Hôtel Villa Alexandra propose des chambres doubles avec sdb, cuisine commune, propre et tout neuf pour 30 000 COP la nuit.

Nous sommes à deux pas du littoral, il est midi et nous nous laissons tenter par un menu du jour avec une soupe de poisson et un plat de poisson énorme ! Ici ils n’y vont vraiment pas de main morte sur les quantités, ce n’est pas pour nous déplaire nous sommes affamés et c’est vraiment excellent. Après un tel repas nous allons flâner sur la promenade qui longe le front de mer. Nous sommes samedi et l’ambiance est agréable, quelques familles se promènent aussi mais il est encore tôt et il fait très chaud, nous savons déjà que les gens sortiront plus à la nuit tombée. Petit tour dans le village, sur la place principale devant son église et arrêt glace qui, une nouvelle fois, est scandaleusement énorme.

À la nuit tombée nous rejoignons la promenade et effectivement l’atmosphère est toute autre, musique à fond, familles et amis autour de tables en plastique recouvertes de bières. Nous nous trouvons une table vide pour profiter de cette joie nocturne aux rythmes latinos. Quelques couples se mettent à danser au milieu de la rue, tout le monde bouge au son de la musique, un battement de pied, un mouvement d’épaule, une reprise de refrain, chacun ici est habité par ces rythmes entraînants !

Réveil tout doux et brunch maison, nous sommes dimanche, jour libre et familial en Colombie. Nous décidons d’adopter le rythme du village et partons vers 14h sur la promenade. Elle est bondée de familles, qui mangent, qui boivent, qui se baignent et toujours avec la musique à fond. Une nouvelle fois nous nous trouvons une petite table ombragée et nous passons l’après-midi à contempler ce petit spectacle de vie, à boire quelques bières et à discuter de tout et de rien. La journée se terminera avec un beau coucher de soleil sur la terrasse de notre hôtel. Nous nous couchons tout excités car demain, nous prenons un bateau pour l’île de Mucura où nous fêterons notre anniversaire de rencontre !

Passage obligé par l'islote Santa Cruz

Embarquement immédiat pour une destination paradisiaque : l’isla Mucura, une des îles de l’archipel San Bernardo dans la mer des Caraïbes, où se côtoient village de pêcheurs et hôtels de luxe. Nous enfilons notre gilet de sauvetage en montant dans le bateau, nous trépignons ! Les deux énormes moteurs ronronnent tranquillement jusqu’à la sortie du port et là commence un moment imprévu : une heure de fessée. En effet, le bateau projeté à une vitesse ahurissante saute littéralement de vague en vague, loin de faire ça en toute douceur, chaque retour sur l’eau se fait par à-coups en nous tassant les vertèbres. Un moment très agréable, mais largement compensé par la beauté des paysages marins que nous découvrons. Nous ralentissons successivement pour admirer sur notre chemin des îles magnifiques, souvent privées.

Cependant arrive la visite imprévue de l’islote Santa Cruz (que nous redoutions car nous en avons pris connaissance dans des blogs). Il s’agit de l’île la plus densément peuplée au monde, quelques centaines de mètres carrés pour plus de 1200 habitants. Sincèrement ça ressemble plus à un bidonville construit sur l’eau, des maisons faites de brique et de braque construites les unes sur les autres, au milieu des déchets. Il y a juste à jeter un œil sous le bateau pour comprendre que tout est jeté à la mer, ça fait mal au cœur à la fois pour l’environnement et pour les habitants qui vivent dans ces conditions. Notre bateau accoste et le capitaine nous propose la visite de cet îlot pour 5 000 COP par personne, pas très cher en soit mais nous savons à quoi nous attendre alors nous refusons immédiatement et attendons à côté du bateau pendant la demi-heure du tour. Pourquoi nous avons refusé ? Tout d’abord car le tour passe par la case « nager dans une piscine minuscule au milieu de l’île avec des requins et tortues en captivité que l’on peut évidemment toucher pour se prendre en photo », avec un beau discours de « on fait ça pour préserver les espèces pour qu’elles se reproduisent et les relâcher ensuite » le plus gros mensonge du siècle évidemment ! Il est impossible pour nous de cautionner ceci. De plus, la visite joue clairement sur le sentiment du « je vais passer une nuit dans un hôtel super cher, du coup je peux bien donner 5000 COP à ces gens qui n’ont presque rien » et qui finalement ne vivent quasiment que de ça maintenant. Nous ne savons pas si ces gens ont d’autres possibilités de vie mais nous ne voulons pas financer ce mode de vie là. Finalement une fois la visite refusée nous attendons tranquillement avant de repartir pour notre destination finale, l’île Mucura.

L'île Mucura, un petit paradis

Il est 11h et nous débarquons au ponton de l’île, nous faisons la rencontre de Daniel, un habitant du petit village de pêcheurs à deux pas. Il nous propose une chambre dans son hostel Awa Luna mais nous lui disons que l’on a déjà réservé pour cette nuit dans l’hôtel Isla Mucura, par contre il nous propose le tour des phytoplanctons et nous prêtons l’oreille car c’est vraiment l’activité que nous souhaitons faire. Il nous accompagne gentiment jusqu’à hôtel et nous dit de le demander au village si l’on a besoin de lui. Nous venons d’arriver dans notre hôtel haut de gamme (enfin plus haut que d’habitude) que nous avons réservé pour notre anniversaire ! Pour le coup, nous nous sommes fait plaisir et nous voilà, cocktail de bienvenue à la main, dans notre « cabane dans les airs ». Nous sommes vraiment vraiment trop heureux de notre choix, la cabane est magnifique avec son grand lit, sa terrasse et sa balançoire rien que pour nous. Le terrain est splendide avec grande pelouse, cocotiers, restaurant, petit bar de plage, transats, hamacs et balançoires d’amoureux partout, tout ça au bord d’une plage à tomber.

Astuce logement : l'hôtel Isla Mucura propose des cabanes dans les airs pour 250 000 COP et pleins d’autres hébergements.

Il fait chaud alors après avoir pris nos quartiers, nous étendons nos serviettes sur les transats et l’eau cristalline à 27°C est à nous. Littéralement car sur cette plage privée il y a une dizaine de personnes maximum. Nous ne sommes vraiment pas habitués à ce petit luxe et nous savourons chaque moment de cette exception.

Nos estomacs nous rappellent qu’il est temps de manger, nous allons voir la carte du restaurant de l’hôtel qui n’est pas bien fournie en produits de la mer. Aussi nous avons eu de très bons échos sur les plats du village, nous en prenons donc le chemin et en 10 min nous y sommes. Il ne doit pas falloir plus d’une demi-heure pour faire le tour de l’île ! Le village s’étend sur le bord de mer avec les maisons les pieds dans l’eau. Ici aussi tout est fait de brique et de braque mais il y a vraiment plus d’espaces, les maisons sont peintes ou décorées et il y a beaucoup moins de déchets. Ça vit ici, la musique, les enfants qui courent partout, les adultes qui rigolent et débattent du foot dans leurs chaises en plastique, quelques travailleurs qui construisent une nouvelle maison. C’est sûr ils sont habitués à voir des touristes comme nous et adoptent deux types de réaction à notre arrivée, soit dans la plupart des cas un grand bonjour et un sourire ou sinon, de l’indifférence. En tout cas nous nous sentons à l’aise.

Nous demandons à une habitante où l’on peut manger, elle ordonne à un de ses fils de nous y amener. Après deux petits passages de largeur d’épaule, nous débouchons sur un espace ouvert qui a l’air d’être la cuisine du village. Une femme âgée vient nous voir et nous propose poulet, poisson ou langouste. Cette dernière est une spécialité de l’île, nous nous disons pourquoi pas en espérant qu’elle sera bien fraîche. Et là surprise, un homme d’une trentaine d’années nous demande de le suivre… pourquoi ? Pour choisir notre langouste, évidemment ! Ah oui mais comment ? Il ouvre une trappe dans le ponton du petit port du village, un enclos rempli d’eau apparaît, il plonge dedans et après 30 secondes il ressort avec une énorme langouste vivante ! Il nous demande si la taille nous va et que pour 100 000 COP, elle est à nous. Nous acceptons en nous demandant seulement si nos estomacs sont assez grands. En tout cas, nous ne pouvions pas espérer plus frais !

Pendant les 45 minutes de préparation nous discutons un peu avec quelques habitants qui nous apprennent qu’ils sont 243 au village, regroupés en 4 grandes familles, vivants principalement de la pêche et un peu du tourisme. Notre langouste arrive et nous la dégustons avec plaisir, elle est délicieuse avec une petite sauce à l’ail et un léger goût de feu de bois. Nous avons tout mangé jusqu’à la dernière miette et nous roulons littéralement jusqu’à la plage de notre hôtel pour aller décéder dans les transats.

Pour le coucher de soleil nous montons dans notre petite cabane rien qu’à nous. Puis il est temps de repartir vers le village pour rejoindre Daniel qui nous a organisés l’expédition nocturne des phytoplanctons ! Il s’agit de se rendre en bateau en pleine nuit dans une lagune sur l’île d’à côté, de plonger dans l’eau et normalement à chaque mouvement une myriade de planctons s’allument telles des étoiles. Nous avons hâte de voir ça de nos propres yeux ! Nous rejoignons donc Daniel et son acolyte qui nous font embarquer sur leur barque. Bonne surprise nous ne sommes que tous les deux, c’est parti pour cette virée nocturne ! Moteur à plein gaz dans la nuit noire nous rejoignons la lagune et il est temps de se jeter à l’eau. Un plouf et vlà les gosses que nous sommes qui s’écrient: “Whhhhhhhaaaaaoooouuuu regarde là, et là, tourne vas-y, bouge les pieeeeeds! Trooop bien”. Un nuage de lumière blanche nous enrobe, à chaque mouvement des milliers de points lumineux s’allument. Avec nos masques nous plongeons sous l’eau et c’est comme nager au milieu de la voie lactée. Incroyable expérience et un des moments les plus forts de notre aventure. Nous ne voulons plus sortir de l’eau tant c’est hypnotisant et nos deux accompagnateurs nous laissent vraiment le temps d’en profiter à fond ! Nous rentrons sur l’île avec des étoiles plein les yeux, et s’en suit un petit repas en amoureux et cocktails au bord de la plage avant de rejoindre en zig zag notre cabane pour terminer cette magnifique journée.

Réveil en douceur, jus frais et plage au petit matin, un régal. Vers midi nous rendons, presque à contrecœur les clés de notre maison d’une nuit et nous rejoignons le village de pêcheurs. Nous souhaitons rester une nuit de plus sur l’île alors nous optons pour un des hostel du village, le Paraiso. Sommaire mais il y a tout ce qu’il faut, cela nous va très bien pour profiter une nuit de plus de cette belle île. De plus le village de pêcheur offre un cadre plus authentique que nous aimons aussi, il faut dire que nous avons plus l’habitude d’être au milieu des locaux que dans un hôtel de luxe ! Repas de poisson et nous retournons à la plage privée de l’hôtel précédent, en effet nous avons gardé les bracelets d’accès donc personne ne nous dit rien, le bon plan.

L’après midi s’écoule doucement jusqu’à un coucher de soleil flamboyant sur l’océan, un cocktail à la main bien-sûr !

Astuce logement : L’hôtel Le paraiso propose des chambres doubles avec sdb partagées pour 60 000 COP la nuit. Ils disent des gros prix au début mais descendent vite si on parle des hôtels voisins.

Dernière journée sur l’île, réveil sans douceur aux premières lumières du jour avec la vie qui s’active : chant du coq, musique, retour des pêcheurs nocturnes… c’est aussi ça de dormir au cœur du village ! Un petit déjeuner et nous partons direction la plage publique. Sable blanc et eau transparente une nouvelle fois mais la plage est un peu plus conquise par les gargotes de nourriture sans que ça soit étouffant pour autant. Ici l’eau est plus tranquille et nous enfilons nos masques pour du snorkeling. Micka verra des poissons, des crabes et une grosse étoile de mer.

A 14h, il est temps de rejoindre le ponton de l’île, notre bateau arrive une petite demi-heure plus tard et nous faisons nos adieux à cette belle île. C’était nos derniers moments sur la côte Caraïbe et ils furent magnifiques ! Nous partons le lendemain pour rejoindre San Gil dans la région de Santander et ses nombreuses activités nature.

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