Une balade sur le lac Titicaca

Ahhhh qu’il fait bon de retrouver un peu de chaleur face à ce lac immense… Nous voilà à notre dernière étape de la Bolivie, le lac Titicaca. Nous en profiterons depuis la ville « balnéaire » de Copacabana. Balade en pédalo, promenades et couchers de soleil au bord de l’eau sont au programme de ces quelques jours. Nous partons également en exploration de la belle Isla del Sol.

Mais avant tout voici le sommaire de cet article :

Arrivée à bon port

Après une dernière embrassade aux parents de Micka, nous partons d’Uyuni direction Copacabana. Il n’y a pas de bus direct alors nous devons une nouvelle fois marquer un arrêt à La Paz. Nous prenons donc un bus de nuit qui ralliera la gare au nord de la capitale. Comme d’habitude nous avons pris une compagnie à bas prix et nous sommes récompensés par une nuit bien agitée… faut dire qu’on commence à avoir l’habitude ! Nous arrivons donc à la gare à 5h du mat’ bien fatigués. Après un petit dej’ nous partons à la recherche des compagnies de bus pour Copacabana, mais nous ne devions pas avoir les yeux en face des trous car nous n’en trouvons qu’une (alors qu’il y en a plein) et nous prenons les billets au dernier moment sans négocier. Erreur de fatigue, on aurait pu l’avoir bien moins cher car en fait nous sommes les seuls passagers ! C’est d’ailleurs un peu flippant d’être les seuls passagers d’un bus. Finalement ce dernier marquera un arrêt à la gare d’Alto et nous récupérerons finalement une petite dizaine de voyageurs qui redonnera vie à ce bus fantôme!

Astuce Transport : Pour faire Uyuni – La Paz, il n’y a que des bus de nuit qui partent entre 19h et 21h pour 8h de transport. Nous avons trouvé un billet pour 70Bs.

C’est parti pour 4h30 de route et nous laissons derrière nous les étendues glaciales et sablonneuses pour retrouver des pâturages et quelques arbres! Nous sommes toujours à 4000m d’altitude mais le climat est bien plus doux ici, on a envie de sortir du bus et d’aller se rouler dans l’herbe comme des gamins. Au fils de la route nous commençons à apercevoir le lac mais pour l’instant nous longeons une petite partie enserrée dans les terres, nous ne voyons rien de son immensité. Au deux tiers du voyage nous devons franchir un bras d’eau sans pont. Le bus doit donc monter sur une barge pour traverser. Normalement tous les passagers doivent en descendre mais apparemment ça ne gêne pas notre chauffeur qu’on y reste alors on ne bouge pas de notre siège. La sensation est vraiment particulière d’être dans un bus au milieu de l’eau, surtout quand ça tangue un peu !

Astuce Transport : Pour faire La Paz – Copacabana, il y a des bus toutes les demi-heures de la gare du nord ou d’Alto, compter 30 Bs par personne négociables et 4h30 de transport.

Encore une petite heure dans un paysage vallonné et nous débarquons sur la place principale de Copacabana devant l’impressionnante église. Quelques rabatteurs nous sautent dessus mais nous avons déjà réservé notre hôtel. 5 minutes de marche et nous y sommes, il est temps de se reposer un peu avant d’aller voir le plus grand lac d’altitude du monde. Curieux d’avoir une échelle de comparaison, nous avons finalement calculé qu’il fait l’équivalent de la surface de la Corse, et oui rien que ça !

Astuce logement : L’hôtel Sonia propose la chambre double avec sdb et petit dej’ pour 125 Bs. La cuisine était en travaux quand on y était mais terrasse panoramique avec vue sur le lac.

Copacabana face à un lac infini

Il est midi, nous cherchons un petit restaurant pour déguster du poisson. Cela fait deux mois que nous avons quitté la côte atlantique du Brésil et que nous mangeons du poulet à toutes les sauces, on veut du poisson ! On veut du poisson ! Dans la rue principale qui mène au port, il n’y a que des restaurants, des boutiques ou des enseignes de voyage … et donc plein de rabatteurs. Heureusement nous sommes en semaine, c’est plus tranquille car apparemment le week-end, les habitants de La Paz s’y donnent rendez-vous et c’est la folie ici. Nous portons notre dévolu sur un petit resto à la déco aux airs de bord de plage sous les cocotiers. Nous y dégustons en terrasse, une délicieuse truite à la plancha ! Un régale pour les papilles.

Après ce petit poisson frais nous flânons sur le port. La plage n’est pas foncièrement belle mais la vue sur le lac est impressionnante, on dirait vraiment que c’est l’océan, impossible de voir la rive opposée. Nous finissons la journée en nous installant en terrasse avec une petite bière pour admirer le coucher de soleil rougeoyant. En plus il ne fait pas si froid que ça ici, la journée nous pouvons presque sortir en t-shirt. Après le glacial désert d’Uyuni ça fait du bien !

Le lendemain, nous nous motivons pour une petite randonnée le long du lac. En vrai, on essaie surtout de se préparer au trek du Salkantay qui nous attend d’ici une semaine à Cusco. Le temps est radieux, c’est limite si nous ne prenons pas un coup de soleil. Face au lac nous longeons la rive gauche de la ville. D’abord le chemin est bordé d’arbre puis laisse place à une haute falaise. Après une bonne heure de marche, un beau point de vue sur la ville et l’immensité du lac est au rendez-vous. Malheureusement les déchets font également parti du paysage. Le courant rassemble ici une montagne de bouteilles en plastique, il y a de quoi remplir plusieurs bennes à ordure. Triste découverte. Nous sommes vraiment heureux de posséder une gourde filtrante qui économise un nombre incalculable de bouteilles en plastique ! Nous avons calculé qu’en un an, cela représente aussi une économie de 400€ par personne. Il n’y a pas photo, c’est juste génial !

Une fois arrivés à la pointe, nous rebroussons vers le port. Une fois arrivée, pour le plaisir d’être sur l’eau, nous louons pour 1h un pédalo en forme de cygne, la grande classe ! Nous voilà entrain de zigzaguer entre les embarcations du port et vers l’infini du lac. Une balade aquatique, vraiment kitch, mais agréable et fun !

Sur le chemin du retour nous passons par l’immense église d’un blanc éclatant avec ses toits recouverts d’azulejos. L’intérieur est également richement décoré avec des peintures ultra vives ce qui est très surprenant quand on compare à la sobriété de nos églises. Devant le portail nous assistons à l’étrange spectacle de la bénédiction de véhicules, gros 4×4, bus ou taxis, tous y passent. Il parait que la bénédiction coûte moins chère qu’une assurance alors pourquoi s’en priver ! Drôle de logique et au vue de cette assurance vie, on se demande comment ils obtiennent le permis ! Ça expliquerait peut être leur style de conduite légèrement… rock’n’roll !

A Copacabana, il faut avouer que nous avons bien mangé, nous avons notamment testé un très bon restaurant dans la rue principale, le Gourmet Ali. Un peu cher mais les lasagnes de truite sont une tuerie ! Après ce bon restaurant nous rentrons nous coucher car demain, nous partons explorer l’Isla del Sol.

Randonnée à l'Isla del Sol

Nous voilà dans le bateau direction l’Isla del Sol, au milieu du lac. Nous avons 1h30 de navigation, d’abord en longeant la côte puis en prenant le large. Au loin nous apercevons l’Isla de la Luna. Nous commençons à apercevoir les côtes abruptes de l’île, ce qui est sur c’est qu’on va grimper aujourd’hui ! Débarquement à Yumani, le principal village de la partie sud de l’île. Du ponton nous admirons nos premiers vestiges de la civilisation inca, un grand mur de soutènement avec des alcôves trapézoïdales. Ce n’est pas grand chose mais les vieux cailloux passionnent Micka alors il est comme un petit garçon !

Astuce transport : Au port de Copacabana ou dans la rue principale, il est possible d'acheter son aller simple pour l'Isla del Sol à 20 Bs par personne. Il y a également la formule A/R avec ou sans l’Isla de la Luna. Il faut savoir que l'accès à l'île est payant et coûte 10 Bs par personne.

Nous avons décidé de passer la nuit sur l’île alors la première mission est de trouver un hôtel. C’est simple ici plus tu montes, moins c’est cher, alors on monte ! L’immense escalier inca nous conduit jusqu’à la crête, il ne faut pas oublier que l’on est quand même à 4000m d’altitude alors c’est difficile. En demandant à tous les hôtels sur le chemin nous arrivons finalement à trouver une chambre double avec une belle vue sur le lac.

Astuce logement : L’hôtel Las Islas propose des chambres doubles sans sdb pour 120 Bs la nuit.

L’objectif ici c’est de s’entrainer en altitude pour le futur trek du Salkantay alors nous partons explorer le sud de l’île. Nous n’avons accès qu’à cette partie de l’île car un conflit a éclaté entre les habitants des deux parties de l’île, les 2/3 nord sont interdits aux touristes. Une journée est donc bien suffisante pour explorer la partie autorisée.

Nous commençons par descendre aux ruines de Pilko Kaina datant de la période inca du XVème siècle après JC. Les pentes de l’ile sont abruptes et striées de 10 000 terrasses, dont certaines sont encore cultivées. Nous avons l’impression d’être dans des anciennes rizières asséchées car c’est plutôt aride malgré le lac en contrebas. Le soleil tape tellement fort qu’on est obligé de ressortir le tube de crème, enfin Hallelujah ! Les ruines sont composées d’une petite construction sur deux niveaux, le site n’est pas restauré mais l’on voit encore les portes trapézoïdales à double encadrement, signe de richesses ou de lieux de culte. Il s’agissait en fait d’une demeure royale. Il faut savoir que l’île pour les incas était un véritable sanctuaire dédié au soleil. Il y a plus de 80 sites archéologiques sur ce petit bout de terre dont la plupart sont malheureusement situés dans la partie nord, inaccessible.

Nous continuons à descendre vers la pointe sud de l’île, une nouvelle fois Elo prend chaque lama ou alpaga en photo, je crois que nous allons devoir en ramener un dans nos valises ! De la fin de l’île, la vue est belle sur la pointe de terre bolivienne et son paysage vallonné. C’est maintenant parti pour la remontée vers la crête de l’île, nous faisons chauffer les cuisses et les poumons et nous accomplissons en un temps record les 500m de dénivelé. Nous arrivons au sommet sous les applaudissements effrénés des lamas en folie ! De la crête, la vue est spectaculaire sur les côtes de l’île. Mais la montée ne s’arrête pas là, nous poussons le vice jusqu’au sommet de l’ile le Cerro Quenuani. La vue est encore plus belle d’ici et on y est arrivé à bon rythme. Ca nous rassure un peu pour les prochains treks dans la vallée sacrée !

Nous redescendons un peu pour aller voir la plage de Japapi de l’autre côté de l’île mais nous nous arrêterons à la moitié pour ne pas louper le coucher de soleil. Nous rebroussons chemin pour aller au mirador du Cerro Palla Khasa, un des points les plus hauts de l’île où l’on voit toute la partie nord inaccessible ainsi que le soleil se coucher sur le lac. Assis sur un toit nous assistons donc à la douce chute de cet astre céleste. Le moment est magique, c’est une belle manière de saluer la Bolivie que nous quittons le lendemain.

Le lendemain nous prenons le bateau en sens inverse pour passer une dernière nuit à Copacabana. Notre dernier jour est arrivé et nous quittons maintenant ce pays et ses paysages aussi diversifiés qu’extraordinaires. Nos têtes sont remplies de plateaux immenses et désertiques, de geysers géants, de couchers de soleil incroyables, d’immenses lagunes fouettées par les vents, de lamas par milliers, de tissus colorés, et de marchés infinis… Au revoir beau pays, à une prochaine peut-être. En avant pour le Pérou, ses sites incas, ses montagnes et sa cuisine (enfin)!

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