Santa Cruz et le train de la Muerte

Après 86 jours au Brésil, place à la Bolivie et ses paysages naturels grandioses ! Passés la frontière, premier défis, 18 heures dans le train de la Muerte pour atteindre notre première étape, Santa Cruz. On vous raconte nos premiers pas en Bolivie !

Mais avant tout voici le sommaire de cet article :

Train de la Muerte

Après deux jours de transport depuis les chutes d’Iguaçu nous atteignons enfin Corumba la ville frontalière brésilienne. Une pizza infâme, un dodo, un peu de bus et nous voilà devant le poste frontalier bolivien. Une petite demi-heure d’attente et nos passeports sont tamponnés pour 30 jours qu’il faudra renouveler sur la route. Nous faisons changer nos Reals pour des Bolivianos à un taux imbattable et nous voilà fin prêts pour explorer ce nouveau pays !

Nous sautons dans un taxi pour la gare routière et dans un espagnol très très approximatif mélangé à du portugais nous prenons deux places dans le fameux train de la Muerte ! Bonne surprise il ne coûte rien, 9€ pour 18h de transport, ça nous change du Brésil. On va peut être pouvoir respecter notre budget ici !

Astuce transport : Ce train ne part qu'un jour sur deux à 13h sinon les autres jours c'est un bus qui assure le transfert, mais c'est moins folklorique et un peu plus cher !

Alors pourquoi ce train porte le fameux surnom « train de la Muerte » ? Finissions-en avec le suspens, nous n’avons plus aucun soucis à nous faire maintenant, il est parfaitement safe ! Ce surnom est hérité de plusieurs raisons historiques. L’explication la plus probable est qu’il transportait les morts de la fièvre jaune vers la côte. Deuxième explication est que le train se faisait régulièrement pillé par les bandits de la région. Enfin, il subissait de nombreux accidents mortels ! Cette période est maintenant résolue et c’est le moyen le plus direct pour se rendre à Santa Cruz De La Sierra, la ville la plus peuplée du pays. Attention 2 millions d’habitants, ça va nous changer du Brésil et de ses mégapoles à 10 millions d’habitants !

A la gare, nous rencontrons Michel, un français d’une cinquantaine d’années qui voyage depuis 7 mois en Amérique du sud. Les heures d’attentes passent super vite en sa compagnie et on se retrouvera dans le train.

Le train arrive en gare, il est comme dans les films en noir et blanc (moins la locomotive à vapeur, il ne faut pas pousser quand même), on s’installe à nos sièges et première surprise, ils sont tout petits ! Mickaël rentre à peine dedans et évidemment Elodie est parfaitement à son aise. Les boliviens ne sont pas très grands avec leur 1m50 en moyenne alors logiquement tout est dimensionné à leur image ! Mickaël se prendra souvent le haut des portes ou encore le toit des stands dans la rue, il n’est clairement pas à l’échelle du pays !

Le train est confortable et il y a même un wagon restaurant et des télés partout où sont projetés des films d’actions récents. Bon par contre, il doit aller à 30 à l’heure et ballotte énormément, c’est une expérience à vivre !

Premiers pas en Bolivie

Il est 7h et nous sommes au milieu de la gare dans un pays inconnu. Ça crie des destinations de partout, on sort vite du hall. On voit une file de taxi et on en prend un pour rejoindre le centre ville afin de trouver un hôtel. Ici on change de stratégie, plus de réservation Booking, on repère deux trois hôtels avant d’arriver et on fait du porte à porte pour obtenir le meilleur prix ! Mais il est trop tôt alors nous nous installons à un banc de la place centrale. Elle est magnifique et super vivante, c’est un lieu de rendez-vous des habitants de la ville. On a de la chance, nous sommes accueillis par une cérémonie militaire et son orchestre ! Nous sommes le 15 avril 2019 date de la fondation de la ville. Après un petit café dans un lieu sympa nous partons à la recherche de notre hôtel et après 2 échecs nous trouvons la perle rare sur la limite du centre : 11€ la nuit dans un lieu agréable et propre, imbattable ! Après ces 3 jours de transport une pause s’impose et nous décidons d’y rester 5 nuits. En plus c’est la semaine sainte et les prix explosent dans tout le pays donc on reste dans notre petit hôtel pas cher jusqu’au week-end.

Astuce logement : L'hôtel Residencial Mainumbí, chambre double, sdb commune, sans petit déjeuner 80Bs la nuit.

Découverte de la ville

Bon, il faut se le dire on est surtout là pour se reposer et approcher la culture du pays en douceur. Nous visiterons donc tranquillement la ville. La première journée est consacrée à la recherche d’un forfait téléphonique et où manger pas très cher. On découvre que les boliviens mangent le midi au Comedor del Mercado. Il y en a dans toutes les villes. On mange pour 15 Bolivianos (2€) une soupe, un plat et une boisson. Les quantités sont énormes si bien qu’on ne prendra souvent que les soupes que l’on trouve délicieuses. Elles sont à base de cacahuètes, de maïs ou de quinoa avec des légumes et des morceaux de poulets, parfois des pâtes. Les plats principaux sont soit des milanaises de viande soit du poulet et sont tout le temps accompagnés de riz, de pommes de terre et d’une petite salade, parfois de pâtes complètes. En dessert on dégustera des litres de jus frais ! Les comedors deviennent immédiatement nos QG du midi. Le soir on se fera plus plaisir sur des petits restaurants.

Il fait beau, la ville est agréable et les espaces publics comme la place principale sont magnifiques. Superbement fleurie et entretenue c’est un lieu où se poser pour lire son livre au soleil. On relâche notre vigilance brésilienne ici rien à craindre dans la rue de jour comme de nuit ! Par contre nous luttons contre la pollution omniprésente qui s’échappe en nuages énormes des pots d’échappement des colectivos des années 70. On comprend vite que la route est hyper dangereuse pour un piéton. Les boliviens sont supers sympas mais dès qu’ils montent dans un véhicule ce sont des dangers publics! Il faut être très vigilant en traversant la rue si on ne veut pas finir sous les roues, des réflexes italiens à reprendre pour Elodie et à acquérir pour Micka!

Nous visiterons la magnifique cathédrale ainsi que le musée d’art de la ville qui ne présente rien d’extraordinaire. Le dernier jour nous assistons à la procession du vendredi saint assis à une terrasse de café. Ce jour là est férié et la ville est déserte, c’est surprenant, où sont passés les habitants ? En faite, la plupart ont fui la ville et on le comprendra à notre prochaine destination ! Entre temps nous sommes partis une journée en excursion à une heure de Santa Cruz pour aller nous baigner dans les bassins naturels de Los Espejillos.

Expédition à los Espejillos

La région de Santa Cruz est riche en paysage naturel magnifique alors nous décidons d’aller en découvrir un : Los Espejillos. Départ tôt le matin, nous prenons notre premier colectivo. Une nouvelle fois Mickaël est obligé de se plier en 4 pour rentrer dans les petites places ! Nous traversons la ville à fond la caisse laissant de gros nuages de pollution dans notre sillage. Après une heure de route nous descendons à un petit village où attend un pick-up pour Los Espejillos.

Nouvelle découverte, en Bolivie les colectivos ou autres transports pour des destinations peu desservies attendent d’être plein pour partir ! Nous avons donc patienté une petite heure, et nous voilà tous à l’arrière avec les sacs de patates et de légumes des boliviens habitants sur la route et dont ce véhicule est l’unique moyen de circulation. Après une rivière traversée, une route en terre battues défoncée et quelques arrêts pour les habitants nous découvrons le site des Espejillos !

Astuce transport : Pour rejoindre Los Espejillos, prendre un truffi/collectivo direction El Torno, il y en a toutes les 10 minutes qui passent sur la partie Sud du premier anneau (5Bs) et demander au chauffeur de s'arrêter au "parada de Camionetas a espejillos" au village de San José. Là il y a un chapiteau bleu avec la jeep qui part quand elle est pleine entre 10h et 12h. (15Bs) Enfin l'entrée du parc coûte 20Bs.

Il s’agit d’un cours d’eau qui a formé de nombreuses piscines naturelles pouvant atteindre 11m de profondeur ! Il commence par une grande cascade. Le cours d’eau est enchâssé dans la végétation, l’endroit est paisible. L’eau est cristalline, il fait chaud et on en profite pour faire un petit plouf et bronzer au soleil. Pendant la journée on rencontre Andréas un français d’une trentaine d’année, sur les routes depuis des années et avec qui on accroche bien. On se reverra plusieurs fois sur les routes de Bolivie. Le site est aménagé afin de pouvoir dormir dans une cabane si on le souhaite.

En fin d’après-midi nous montons dans la camionnette d’un agriculteur pour faire le chemin inverse. La mama en face de nous nous fait goûter du lima un fruit proche de la mandarine qui selon les boliviens se décrit ainsi « le goût du Lima c’est comme le mariage, doux au début, amère à la fin ». On a bien rigolé à ces quelques mots !

Voilà pour notre visite « tranquillo » de Santa Cruz, on a bien aimé la ville mais on fuit sa pollution pour la petite bourgade de Samaipata, à deux pas des ruines pré-inca del Fuerte et du parc Amboro avec sa forêt primaire.

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