Premier pas en Colombie à Popayán

Aujourd’hui c’est le grand jour, nous nous dirigeons vers notre dernier pays d’Amérique Latine : la sulfureuse Colombie ! Après le passage frontière, notre première étape sera la belle citée coloniale de Popayán. Ce sera surtout l’occasion de découvrir la Colombie en douceur avec un accueil plus que chaleureux de ses habitants.

Mais avant tout voici le sommaire de cet article :

Passage de frontière

Nous quittons Otavalo après avoir fait le plein de viennoiseries. Le passage de frontière se fait en trois étapes. De la Panamericana, nous prenons un bus pour Tulcàn, la ville frontalière équatorienne. A la gare routière, nous partageons ensuite un taxi pour le poste d’immigration qui est à 20 minutes de route. Nous avions un peu d’appréhension pour cette frontière, nous avions lu que certains backpackers avaient mis 6h pour la franchir ! Et en arrivant nous prenons peur, nous voyons une queue immense devant le poste, elle est principalement composée de Vénézuéliens qui fuient leur pays en pleine guerre civile. La Colombie, le Pérou ou la Bolivie laissent ouvertes leurs frontières pour accueillir ces migrants qui n’ont plus rien, nous avons peut être quelques leçons à en tirer…

Astuce transport : De Otavalo à Tulcan, il n'y a pas de bus direct passant par le terminal de la ville, le plus simple est d'aller sur la Panamerica un peu avant le pont qui franchit le fleuve Pucara où les bus pour Tulcan s'arrêtent s'il y a des personnes qui attendent - 3,75$ - 3h. À la gare prendre un taxi pour la frontière - 3,5$ - 30 min.

Il y a deux queues : une pour les vénézuéliens qui mettent souvent plus de 24h à passer la frontière et une deuxième pour les autres nationalités qui est relativement courte. C’est d’ailleurs la même file que l’on rentre ou sorte du pays. Nous patientons avec un jeune colombien venu en Équateur pour des vacances et avec qui nous avons partagé le taxi. La discussion va bon train et l’attente se fait moins sentir. Aucun problème pour obtenir le tampon de sortie de l’Equateur, nous traversons ensuite le pont séparant les deux pays. Nous sommes maintenant dans la file pour entrer dans le pays, toujours avec notre colombien qui nous indique des lieux à voir absolument dans son pays. En 20 minutes à peine nous sommes devant le guichet. C’est toujours un moment stressant car internationalement les douaniers font toujours la gueule, à croire que c’est un critère sur le CV ! Mais là, contre toute attente, le garde frontière est super sympa (première fois en 4 frontières) nous souhaite la bienvenue avec un sourire ultra bright, nous donne nos 90 jours et nous explique même que l’on peut les prolonger sans problème.

Le jeune colombien avec qui nous discutions nous attend à la sortie du poste et nous prend sous son aile. Il nous emmène jusqu’au colectivo puis nous accompagne à la gare routière et fait tous les guichets pour nous obtenir le meilleur prix de bus en partance pour Popayán. Un amour ! On nous avait prévenus que le peuple colombien est d’une grande sympathie mais on ne s’attendait pas à en avoir un aperçu dans les premières heures de notre arrivée ! Et cela se confirmera sur les prochains jours.

Une longue attente de 6h commence, nous avons le temps de faire mille fois le tour de la gare et de manger un bout. Nous embarquons enfin dans notre dernier transport à 21h. Le dur moment du passage frontalier s’est passé sans soucis, nous sommes contents mais épuisés si bien que nous nous endormons en 5 minutes dans ce bus de nuit.

Astuce transport : De la frontière prendre un colectivo pour la gare à gauche du pont en venant de l'Equateur, 2 000 pesos, 20 min. De la gare, il y a 4 ou 5 compagnies avec des départs toutes les heures pour Popáyan, nous avons pris SuperTaxi pour 8h30 de trajet, 40 000 pesos.

Popayán, une belle ville coloniale

Il est 5h du matin quand nous débarquons à la gare de Popayán, une des plus belles villes du sud de la Colombie. Nous attendons le lever du soleil pour rejoindre notre hôtel, il est excentré mais totalement neuf et tout confort, à un prix imbattable.

Astuce logement : L'Hostal Cerca del centro de Popayán propose des chambres doubles sans sdb, cuisine et machine à laver à disposition, 29 700 pesos la nuit.

Une petite matinée de repos et nous voilà en train d’arpenter les rues blanches de la ville. Il s’agit d’une ville coloniale dont le centre historique est un des mieux conservé du pays. Les bâtiments font deux ou trois étages maximum et sont sobres. Seuls les bâtiments publics et religieux dénotent par leurs modénatures ou leurs couleurs. La végétation de la place principale ressemble plus à une forêt qu’à des parterres maîtrisés et il est agréable d’y flâner.

Sur nos 3 jours à Popayán, nous en prenons deux pour découvrir la ville en s’y perdant. Au fil des rues nous pénétrons dans de jolies cloîtres et églises. Nous prenons également un peu de hauteur sur le Cerro Túlcan où la vue sur la ville et la campagne environnante est imprenable.

Session gastronomie

Il est temps de se mettre à la gastronomie locale. Tout d’abord le café, religion dans ce pays ! Dans la rue on entend crier « tinto, tinto, tinnnnnnto » il s’agit d’un expresso allongé fait à partir des graines moins bonnes du café et qu’on peut trouver n’importe où pour 500 à 1000 pesos (0,15€ à 0,30€) soit dans la rue soit dans les cafétérias. Pour Micka un café allongé ça passe mais pour Elo c’est une autre histoire ! Ayant vécu à Naples il lui faut de la puissance dans son café ! C’est finalement au glacier/café le Bajo 0° qu’on trouvera son bonheur. Et en accompagnement, un petit dessert glacé très bon !

Nous continuerons notre exploration gustative avec le café / restaurant traditionnel Mora de Castilla. Au menu deux plats typiques de la ville : l’empanaditas de pipián, sorte de petit empenadas frits fourrés avec une purée de pipián, sorte de pommes de terre; et le tamal de pipián, la même purée enroulée et cuite dans une feuille de bananier accompagné d’un petit pain chaud. Les deux plats étaient supers bons avec une petite préférence pour les empenadas. Nous testons également deux boissons traditionnelles : Salpicón payanés, un grand verre de glace pilée de mûres et de lulo avec des morceaux de guanabana, un fruit tropical; et le Champus, une boisson à base de maïs, d’ananas et de lulo sucrée avec de la panela, la première transformation de la canne à sucre. Le Salpicon payanes est délicieux mais nous sommes moins fan du Champus.

Pour sauvegarder notre budget nous déjeunons des almuerzo (déjeuner en français, à comprendre déjeuners locaux) proposés par de nombreux restaurants/cantines que l’on retrouve partout. Ici le menu est entre 4500 et 8000 pesos soit entre 1,20€ et 2,20€. Il s’agit d’une soupe, d’un plat et d’une boisson fraîche. Nous y sommes habitués depuis la Bolivie, pourtant il y a quelques changements notables. Nous découvrons la soupe froide mazomorra à base de lait, de maïs et de panela, c’est presque un dessert pour nous. Le jus frais a également été troqué par des thés glacés à la panela. Il faut dire que la canne à sucre est une des principales cultures ici ! Sinon comme d’habitude pour le plat, du poulet sous différentes formes et 3 féculents en grosse quantité dans l’assiette.

Dernière découverte rafraîchissante de la ville, le bar BBC qui propose des bières pressions et artisanales pour 1,5€ la pinte. On est aux anges ! On va beaucoup aimer ce pays, en plus tous les commerçants sont aux petits soins et ont vraiment la tchatche. Les habitants sont eux aussi toujours prêts à rendre service en te donnant un petit coup de main. Un plaisir tout simplement !

Avec plus de 3500 espèces d’animaux empaillés, le musée d’histoire naturelle de Popayán possède une des plus riches collections du continent. Ça fait longtemps que nous n’avons pas fait une petite visite culturelle, c’est donc parti pour un tour d’une bonne heure et demi au milieu des animaux pétrifiés.

Les reconstitutions sont vraiment bien faites, bien mises en scène et superbement bien entretenues. Nous passons des fauves aux oiseaux avec un arrêt sur la faune aquatique. Nous ne nous ennuyons pas une seconde et nous ressortons avec l’envie d’aller explorer la jungle à la recherche des exemplaires vivants !

En farfouillant sur les blogs et sites touristiques nous avons découvert qu’à une petite heure de Popayán, le village de Coconuco rassemblait plusieurs thermes d’eau bouillonnante ! Faire trempette dans de magnifiques paysages, on ne se fait pas prier et nous voilà au terminal de bus puis dans le colectivo direction Coconuco. Nous remontons en altitude dans les collines à l’est de la ville. Le paysage est verdoyant entre pâturage et petite forêt de pins. À notre arrivée nous demandons conseil à un habitant qui nous explique qu’il y a trois stations thermales : Agua Hirviendo à 3km avec deux piscines, 10 000 pesos, AguaTibia à 4km avec 6 piscines, un toboggan, un bain de boue et une piscine avec des petits poissons qui te mangent les peaux mortes, c’est les thermes les plus aménagées, 20 000 pesos et enfin Salinas à 12km, en pleine nature, une piscine, un bain de boue, un sauna et une cascade naturelle, 15 000 pesos. Nous hésitons entre AguaTibia et Salinas pour finalement choisir la plus près Aguatibia. Nous négocions deux motos taxi qui nous dépose un quart d’heure plus tard devant le centre.

Astuce transport : du terminal de Popayán prendre un bus pour Coconuco, départ toutes les 30min avec la compagnie Tibio pour 5 000 pesos, 45min de trajet. A Coconuco prendre une moto taxi pour 2 500 pesos pour Aguatibia. Comme nous ne savions pas où aller, on est descendu du bus mais apparemment il passe ensuite devant AguaTibia, à demander au chauffeur pour éviter de payer une moto taxi.

Nous avions un peu peur d’arriver dans un centre à la Disney mais pas du tout, le site est en plein nature les constructions s’intègrent pas trop mal, c’est fleuri et cette journée il n’y avait pas grand monde. On enfile nos maillots de bain et nous voilà en train de mijoter tranquillement dans le bassin d’eau à 39° en admirant les collines alentours… si tant vous dire qu’on est plutôt bien ! Nous faisons ensuite un petit passage dans la piscine aux petits poissons qui mangent tes peaux mortes. Avec nos pieds plein de cornes (Merci les chaussures de rando) ils se sont fait un festin c’est sur !

C’est à nous de manger notre pique-nique maintenant. Nous déjeunons à côté d’un grand groupe de personnes âgées venues passées la journée aux thermes. Ils mettent la musique et les voilà tous en train de danser la Bachata, la Salsa et d’autres danses latinos. Après notre repas on est pressé de venir danser avec eux ! Nous qui adorons ça, on ne se fait pas prier et nous voilà en train de nous déhancher en maillot de bain. Super moment on adore cette ambiance, aucune gêne ou jugement !

Nous finissons par un dernier petit tour dans le bassin d’eau brûlante avant de repartir vers Coconuco. Nous décidons de faire le chemin du retour à pied pour économiser un peu de sous. Et ça fait même pas 15 minutes qu’on marche qu’un camionneur s’arrête et nous propose de nous déposer à Coconuco, nous acceptons évidemment ! Sympathie encore confirmée. En arrivant nous sautons dans le bus pour Popayán.

Nous n’étions pas censés nous arrêter dans cette ville coloniale mais quelle belle découverte et quelle belle première approche de la Colombie. Nous n’y sommes restés que 3 jours car nous sommes maintenant impatients de rejoindre Julie et Greg à Salento pour visiter la région cafetière. Cependant on aurait pu rallonger notre séjour de quelques jours car la région offre de belles possibilités de randonnée : le village traditionnel de Silvia ou le parc naturel du Puracé avec son volcan par exemple.

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