Otavalo, son marché et ses environs

Otavalo, petite ville nichée au cœur des volcans, est nationalement reconnue pour son immense marché d’artisanat. Après notre séjour dans la jungle équatorienne, nous partons à sa découverte.

Mais avant tout voici le sommaire de cet article :

Une petite ville paisible

Nous avons décidé d’écourter notre volontariat dans la jungle car une longue route nous attendait entre Puyo la capitale de la région amazonienne et Bogota en Colombie, où nous devons retrouver nos supers copains Julie & Greg. En effet, ce n’est pas moins de 36h de bus et 6 transports à la suite qui nous attendait. Raisonnablement nous partons une semaine plus tôt pour faire deux étapes, une en Colombie et une seconde ici, dans la petite ville d’Otavalo, réputée pour son marché et ses paysages.
Après une petite heure de transport local pour sortir de la jungle, nous prenons le premier bus au départ de Puyo vers Quito Carcelen, le terminal nord de la capitale. 6h de route et nous sautons dans un autre bus pour Otavalo. Nous arrivons en fin d’après-midi et nous dégotons rapidement un petit hôtel économique en plein centre avec une wifi du tonnerre. Après 2 semaines sans connexion faut avouer que ça fait du bien de reprendre contact avec ses proches !

Astuce transport : Pour faire Puyo-Quito Carcelen, la compagnie San Francisco assure des départs réguliers tous les jours, nous sommes partis à 8h30, 6h de route, 4$. Pour faire Quito Carcelen-Puyo, il y a des bus qui partent toutes les 10min, 2h30 de route, 2,5$.

Astuce logement : à deux rues de la place des Punchos, et à 6 de la place Bolivar, le Runa Pacha propose de petites chambres double sans sdb, sans petit déj', pour 12$ la nuit, wifi du tonnerre et eau chaude.

Notre première journée à Otavalo se résumera à passer des heures au téléphone avec nos proches et faire un petit tour de la ville. Elle n’est pas particulièrement belle mais il y fait bon vivre. Les habitants sont accueillants et souriants. Ce qui est surprenant, c’est que la grande majorité sont coiffés d’une tresse, femmes, hommes, jeunes, anciens, tout le monde y passe ! Et plus de la moitié porte l’habit traditionnel. C’est la première fois que nous le voyons en Equateur. Les femmes s’apprêtent généralement d’un haut blanc à fleurs brodées, une longue jupe, un poncho sur l’épaule, de nombreux colliers de perles dorés, et, parfois un morceau de tissu plié sur la tête pour se protéger du soleil. Les hommes, quant-à eux revêtent un pantalon ample blanc, des sandales blanches, un poncho et le plus important, un chapeau. Et ces habits traditionnels ne sont pas limités par l’âge, beaucoup de jeunes filles les portent fièrement, moins pour les jeunes hommes.

La place Bolivar est un lieu agréable où déguster une petite glace sur un banc au soleil face à église. Si l’on se perd dans les rues, on peut également tomber sur de magnifiques graffitis et tout ça sous la présence imposante de la chaîne de volcans qui encercle la ville. D’ailleurs en moins de 20 minutes de marche, on est en pleine campagne ! Mais avant tout, la ville attire de nombreux touristes pour son immense marché artisanal du samedi.

Le marché d'artisanat

Otavalo et sa région sont réputés dans tout le pays pour leurs artisanats traditionnels. C’est le meilleur endroit pour acquérir des sacs en cuir, des tissus colorés, des bijoux, des couvertures, des hamacs, des ponchos. Le samedi la place de Los Puchos et les rues attenantes se couvrent de centaines de stands multicolores. C’est essentiellement touristique mais vraiment agréable de s’y perdre. Nous aimerions faire quelques emplettes alors nous parcourons les multiples allées en touchant les tissus, en essayant les bijoux et se disant qu’un beau hamac irait bien dans notre ancien appart. Mais notre budget est serré et notre dos ne désire pas porter 10 kilos de plus. Elodie craque finalement sur un beau sac en tissus qu’elle arbore maintenant fièrement ! Après avoir visité de nombreux stands, nous les abandonnons finalement pour le petit magasin El nativo devant la qualité bien supérieure des articles. Les gérants fabriquent devant nos yeux des objets mêlant cuir et tissus. Et les prix ne sont pas beaucoup plus chers pour des pièces uniques que nous n’avons retrouvées nul part ailleurs. Nous dévalisons la vitrine pour nos futurs présents !

Le marché aux animaux

Un deuxième marché d’une toute autre nature prend place le samedi matin aux abords de la ville : le marché aux animaux. Il s’agit d’une énorme foire où tous les types d’animaux de la région sont vendus ou troqués ! D’un côté les vaches, les cochons et les lamas (oui oui) et de l’autre, les poules, les lapins et les cochons d’Inde.

Les participants sont en pleines négociations et personne ne fait attention à nous ce qui nous laisse le temps de bien observer ce manège de poules et de cochons qui changent de mains. Nous apprenons par exemple que deux cochons d’inde se vendent à 7$. Bon, sachant que la plupart des animaux vendus vont finir très prochainement dans une assiette, ce n’est pas vraiment un endroit pour les végétariens. Et oui le cochon d’inde, ici, ils le préfèrent à la broche plutôt qu’en animal de compagnie, snif ! C’est un marché loin des touristes qu’il est intéressant de découvrir, attention cependant au cœur sensible qui pourrait repartir avec un cuy ou un petit lapin sous le bras.

La laguna Cuicocha

Au pied d’une chaîne de volcans, Otavalo est aussi le point de départ de deux trois belles randonnées dans ce paysage vallonné. Nous choisissons tout d’abord de faire le tour de la lagune Cuicocha qui dort depuis plusieurs millénaires dans le creux d’un volcan qui a explosé il y a 4000 ans.
Après un court trajet en bus puis en taxi nous arrivons face à ce lac immense percé de deux îles aux formes surprenantes. Ce n’est pas étonnant que son nom Cuicocha, ou « Tsui Cocha » signifie « Lagune des dieux », car surmontée du Cotocachi, elle est tout simplement magnifique. C’est parti pour une petite boucle de 15km sur la crête du volcan endormi. Oui parce qu’il est toujours actif, c’est d’ailleurs l’un des 3 volcans les plus actifs du pays !

Astuce transport : Prendre un bus direction Quiroga ou Cotacachi (0,3$ ), s'arrêter à Quiroga et prendre un taxi pour la lagune (4 ou 5$).

Pourtant au cours de cette randonnée nous ne verrons pas de fumée en sortir mais plutôt une belle végétation proche de ce que nous connaissons dans nos montagnes françaises. C’est un régale de se remettre ici à la marche que nous avions mis de côté depuis le Pérou. Nous faisons le tour en 6h avec une longue pause déjeuner au milieu du parcours, le lieu est peu fréquenté car nous avons dû croiser une vingtaine de personnes maximum. C’est finalement bien fatigués mais heureux que nous rentrerons à Otavalo.

La cascade de Peguche et le mirador El Lechero

Notre dernière activité à Otavalo nous mènera à la cascade de Peguche puis au mirador El Lechero d’où la vue sur la vallée et sur la lagune San Pablo est spectaculaire. Nous partons à pied vers l’entrée de la cascade. A peine une demi-heure et nous sommes devant le chemin y menant. Il n’y a plus de construction, nous marchons maintenant sur un sentier au milieu de hauts sapins. Après deux ponts suspendus nous arrivons dans une zone aménagée avec des bassins où les familles de la ville se sont données rendez-vous. Sympa pour un petit pique-nique nature. Nous continuons jusqu’à la cascade qui est certes très belle mais envahie de monde. Nous sommes dimanche et c’est les grandes vacances en Équateur, nous n’avons pas vraiment choisi notre moment pour être seuls !

Nous passons donc la cascade et continuons à monter direction El Lechero. Pour le coup sur ce chemin, nous sommes vraiment seuls. Nous traversons des petits bourgs de campagnes perdus au milieu des champs de blé et de pommes de terre. La vue s’ouvre doucement sur la laguna San Pablo. Elle n’est pas aussi belle que la lagune Cuicocha mais l’immense volcan Ibabura qui l’a surplombe rend le panorama impressionnant. Nous arrivons enfin au mirador El Lechero, il s’agit en fait d’un arbre millénaire qui surveille l’ancien cimetière de Los Ninos, là où étaient enterrés les nouveaux nés décédés à la naissance. L’arbre n’a rien de transcendant mais le lieu offre une vue à la fois sur la vallée d’Otavalo et sur la lagune San Pablo. Le retour est plus simple que l’allée il suffit de descendre et en 45 minutes nous sommes sur la place principale.

Notre séjour à Otavalo, tout comme notre temps en Équateur s’achève maintenant. Demain nous partons pour la Colombie, ses paysages, sa côte Caraïbe, son café, sa musique et ses habitants chaleureux. Nous allons vérifier de nous même si tout cela est bien vrai !

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