Au cœur du Páramo de Ocetá

Nous continuons à nous rapprocher de Bogotá en rejoignant Mongui un des plus beaux villages de la région. Nous y passons deux petits jours pour explorer le páramo de Ocetá, un environnement naturel incroyable et typique de la Colombie.

Mais avant tout voici le sommaire de cet article :

Après toutes nos belles randos autour de San Gil nous partons vers Mongui pour une dernière virée nature avant la capitale. Hélas nous partons un peu tard, les transports se goupillent mal et nous n’atteignons pas le village. Nous décidons de nous arrêter à Sogamoso, la principale ville de la zone.

Astuce transport : Pour rejoindre Sogamoso de San Gil, nous avons pris un premier bus à 11h30 très confortable pour Tunja, 5h, 30 000 COP par personne, compagnie Oméga; puis un colectivo pour Sogamoso, 1h, 8 000 COP par personne, compagnie Concorde.

Quitte à marquer l’arrêt ici nous décidons pour le lendemain d’aller voir l’attraction principale de Sogamoso : le lago de Tota, le lac d’altitude le plus grand de Colombie avec sa belle plage de sable blanc. Nous prenons donc l’hôtel devant la gare afin d’être mobile et de pouvoir finir le trajet vers Mongui sur la fin de journée.

Astuce logement : L'hôtel Posada del Rey devant la gare propose des chambres doubles avec sdb privée pour 35 000 COP, basique et propre, suffisant pour une nuit.

Le lago de Tota

Le soir nous faisons un tour dans la ville jusqu’à la place principale, mais rien n’accroche notre sensibilité, c’est une ville de passage sans grand charme. Le lendemain réveil en douceur et départ en bus pour le lago de tota. Nous sommes alors rejoints par Laura et Raphaël, deux français et grands voyageurs que nous avions rencontrés dans notre super auberge de San Gil. Après une longue heure et demi de bus nous arrivons ensemble devant le lac. Et là c’est carrément la déception, et oui en voyage il y a quelques loupés des fois ! La plage de sable blanc est envahie d’une foule debout qui a clairement froid. Quelques courageux se baignent au milieu des pontons des bateaux allant faire un tour sur le lac. Un énorme parking derrière la plage rajoute au charme du lieu. De plus il n’y a aucun chemin pédestre pour s’aventurer autour du lac qui est plutôt joli. Seulement au loin des grosses baraques « contemporaines » posées de ci et là.

Histoire de passer un peu de temps sur place nous montons au belvédère pour partager un jus frais avec nos deux nouveaux compagnons de voyage. Nous rebroussons ensuite chemin afin de regagner Sogamoso, une activité échec avec beaucoup de transports il faut se l’avouer ! Arrivés là nous reprenons un vieux bus pour Mongui et après 45 minutes de montée poussive nous arrivons enfin à notre destination initiale.

Astuce transport : Il faut compter 4 300 COP et 45min pour faire Sogamoso-Monguí.

Le village de Mongui

Monguí est un joli petit village colonial au pied des montagnes qui a conservé son architecture traditionnelle. Sur ses rues pavées se succèdent les petites maisons blanches d’un étage maximum avec leurs fenêtres et balcons, en bois peint. Sur l’immense place principale trône la grande église en pierre rouge. Le village est aussi célèbre dans tout le pays pour abriter sa production de ballon de foot ! Surprenant et original dans un coin reculé comme ça.

Pour nos deux nuits ici nous avons choisi un camping un peu hors du village, c’est à dire à 5 minutes, qui nous offre, au petit matin, une vue incroyable sur la vallée. De plus nous ne dormons pas en tente mais dans un petit bungalow, pour deux nuits c’est le pied d’être ici.

Astuce logement : Le Bahareque camping propose des bungalows pour 40 000 COP la nuit.

Nous finirons cette journée en partageant de bonnes pizzas avec Laura et Raph qui nous accompagnés ici. Une journée qui finit bien mieux qu’elle n’a commencé.

Le páramo de Ocetá

Si nous sommes venus jusqu’à Monguí c’est surtout pour y découvrir son Paramo, environnement naturel particulier présent à partir de 3200 m d’altitude et localisé principalement en Colombie. Nous en avions déjà visité un lors de notre trek dans les montagnes de Los Nevados et ces paysages un peu surnaturels nous ont vraiment donnés envie d’en revoir un.

Aussi, une fois n’est pas coutume nous partons au petit matin avec un guide local. Depuis la Bolivie, nous n’avons pas repris de guide mais ici impossible de savoir si oui ou non on a le droit d’y aller sans guide (au final oui) ! Aussi le prix raisonnable et notre envie d‘en savoir plus sur la région et la flore nous ont convaincu.

N

Nous voilà donc au départ de la place principale pour une marche de 17 km et 1000m de dénivelé positif avec notre guide. Il s’agit d’un habitant du village passionné par le páramo qui fait des tours le week-end pour les touristes et travaille à la mine de charbon la semaine. C’est un mec génial qui va nous faire passer une super journée ! D’ailleurs il nous fait commencer par une petite session étirements pour préparer nos muscles à l’ascension qui nous attend.

C’est parti pour la montée ! Nous montons dans les hauteurs du village et au fur et à mesure une vue imprenable sur la vallée se dégage devant nous. Du coup chaque pause bienfaitrice est aussi un moment pour se perdre dans la contemplation du paysage verdoyant et vallonné.

Nous sommes sur les terres de l’ancien peuple Musca qui considérait le paramo comme un lieu sacré. Nous marquons l’arrêt devant plusieurs des statues d’animaux sacrées comme la chouette ou le cheval. Notre guide nous amène également voir une grande pierre dite de la nativité car percée d’un bassin qui servait aux accouchements.

La montée continue, d’abord dans une forêt dense avant de déboucher dans le paramo, dont la végétation est plus basse et discrète. Nous apercevons nos premiers Frailejones, plantes spécifiques de cet écosystème qui ne poussent que d’un centimètre par an, pour l’instant ils ne sont pas très grands.

Nous arrivons maintenant au Sub-Páramo où les Frailejones sont démesurés, certains font jusqu’à 5m de haut soit 500 ans d’âge! Il fait carrément plus froid ici, on sort même les gants mais le paysage est magnifique. Nous sommes arrivés au point culminant du parcours à environ 4000m avec devant nous la « cité de pierre » sorte de carrière de roches où immenses blocs se mêlent à la végétation.

C’est par là que nous passerons, le chemin n’est pas clairement tracé. C’est proche de l’escalade, on grimpe, on saute, on passe dans des minis passages et dans des failles rocheuses, c’est vraiment cool. Puis c’est la boue et une forêt très basse, on progresse doucement avant de déboucher sur une cascade entourée de fleurs en floraison.

C’était notre dernier stop, maintenant c’est la descente. Nous longeons des champs et des petites forêts avec de nouveau de beaux points de vue sur la vallée puis le village. Après 7h de randonnée nous arrivons fatigués mais heureux de la balade. Pour le coup nous avons bien fait de choisir un guide qui nous a fait passé par un chemin plus sauvage à l’aller que nous n’aurions pas pu trouver seuls. De plus il allait à notre rythme sans nous presser et avait de bonnes anecdotes. Par contre il est clairement possible de faire seul le páramo mais se sera un aller-retour sur le même chemin.

Retour au camping et petite douche avant de rejoindre le centre pour manger ensemble des lasagnes dans le même restaurant italien de la veille. Nous rejoignons à la nuit tombée notre petite cabane en pleine nature pour un repos bien mérité.

Le lendemain nous partons avec Raphaël et Laura vers le petit village de Villa de Leyva, notre avant-dernière étape en Colombie. Nous avons fait pas mal de route pour atteindre Monguí mais la visite du paramo vallait vraiment le coup !

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