Luang Prabang, coup de cœur incontestable

Luang Prabang est une ville où il fait doux vivre. Jour après jour nous en avons découvert une nouvelle facette avec tellement de plaisir que chaque soir nous nous disions ok on reste un peu plus ! Nous avons donc alterné moment de calme et exploration urbaine, culturelle et architecturale pendant une semaine.

Mais avant tout voici le sommaire de cet article :

Chapitre 1 : Chocolat, soleil & massage

Nous arrivons tout juste à Luang Prabang après un trajet mouvementé depuis Vang Vieng. Il faut dire que nous avons bien senti la montagne et ses routes entrelacées passer ! Nous avons déjà réservé notre hôtel qui se trouve à deux pas. Il est situé dans une rue ultra calme et excentrée du plein centre, dans une maison traditionnelle laotienne en bois et est tenue par une famille vietnamienne très gentille !

Astuce transport : Le minivan Vang Vieng – LuangPrabang coûte 70 000 kips, négociable directement auprès de l’hôtel. Nous avons tenté d’aller à la gare de Vang Vieng en vélo mais les prix étaient plus chers et elle est assez loin des hôtels.

Astuce logement : L’hôtel Villa Merry 2 nous a coûté 86 000 kips la nuit petit déj’ inclus en réservant via une super promo du site Agoda. Nous avons été « surclassé » toute la semaine dans la plus belle des chambres traditionnelles en bois, à l’angle de la maison, triple orientation.

Nous commençons par un premier tour de la ville en nous dirigeant vers les berges du Mékong. Il est déjà bientôt l’heure du coucher de soleil ! Nous nous installons sur un rebord avec une vue imprenable et un pain au chocolat chaud acheté au kiosque d’à côté. Quoi ? Vous nous jugez ? Mais voyons, les colonies françaises ont apporté ce petit plaisir sucré jusqu’au Laos et il est toujours accessible aujourd’hui, on ne va quand même pas s’en priver !!! Nous nous délectons de notre viennoiserie tandis qu’on se fait envahir par une horde de photographes en herbe prêt à dégainer chaque instant du coucher de soleil magnifique qui se déroule sous nos yeux. Y’a pas à dire, les fins de journées du côté asiatique sont vraiment des moments magiques.

Une fois le soleil couché, nous rejoignons notre amie Elodie alias Micheline. C’est son avant dernier jour au Laos et après ces belles semaines à se suivre, nous allons bientôt la voir partir. Grande fan de massage, elle a déjà repéré un salon discret et les deux Elodie s’en vont faire une virée détente sous les mains des laotiennes expertes.

Nous sommes les deux seules blanches du salon et on nous regarde les yeux ronds en se demandant sûrement pourquoi on ne s’est pas arrêtées aux massages des pieds de la rue principale. Mais nous sommes là pour passer un bon moment entre Michelines et nous avons hâte de nous faire manipuler. L’endroit est douillé, très aéré avec des rideaux qui volent au vent, ça sent bon les huiles essentielles et tout le monde a l’air heureux. On nous fait des grands sourires et nous nous installons côte à côte sur deux tables moelleuses. Les masseuses sont très pros, et l’heure passe bien trop vite. Micka est arrivé entre temps pour nous attendre et il s’est fait installer avec un petit thé. On sort de nos cabines, béates, prêtes à aller manger et … dormir !

Astuce détente : Lemongrass, sauna & traditional massage est un salon de massage très prisé des locaux, dans une rue reculée et quasi cachée. Implanté dans une maison traditionnelle en bois magnifique avec une ambiance intimiste, la magie ne peut qu’opérer. Une heure de massage nuque/dos coûte 80 000 kips.

Chapitre 2 : Corruption, UXO &Utopia

À Luang Prabang, il est possible d’étendre son visa laotien. Nous allons donc au poste d’immigration pour faire une extension de 10 jours car nous voulons continuer à explorer le Nord du pays et rejoindre le Vietnam en même temps que notre amie qui vient nous rendre visite pendant ses vacances de fin d’année.

Nous savons qu’il faut payer 20 000 kips/personne/jour supplémentaire. Nous avons donc notre passeport et de l’argent. Par contre, nous avons oublié nos photos d’identités. La dame se jette sur l’occasion pour nous proposer une photo/pers à 50 000 kips (5€), un prix hallucinant. Nous lui disons que nous ne sommes pas loin (faux) et Micka court chercher nos photos. Il arrive et elle dit « Aah mais j’ai oublié de vous dire que c’est 2 photos/personne ». Micka avait déjà flairé l’arnaque et a pris tout notre lot de photos au cas où.

Puis une fois tout rempli, nous nous apprêtons à payer la somme que nous avions calculé. Cependant, la dame nous sort une facture avec 25 000kips/pers supplémentaires. Nous lui demandons une explication et elle nous parle de « frais de gestion » dont il n’était pas question, inscrits nulle part sur les panneaux ni même évoqués par les blogs de gens ayant déjà fait la démarche. On reste un peu cons mais on règle le total comme demandé… À la réception de notre passeport, le duplicata de la facture n’évoque pas du tout les frais de gestion, qui ont dû disparaitre dans la poche de notre chère dame.

Conclusion, nous ne pensions pas qu’au cœur de la ville, au sein des quartiers de la police on puisse trouver une corruption aussi banalisée que celle que l’on vient de voir passer sous nos yeux, nous qui pensions affronter uniquement cela aux frontières. Au moins en Amérique du Sud on ne nous embêtait pas avec ça !

Astuce extension : Apporter son passeport que l’on devra laisser sur place entre 2 et 4 jours. Ne pas oublier son argent et des photos d’identités. Compter 20 000kips/pers/jour supplémentaire. Nulle part il était évoqué les 25 000 kips/pers de frais de gestion mais on n’est jamais à l’abri de rien.

Après ce petit tour déplaisant à l’immigration nous allons visiter le centre UXO (UneXploded Ordnance). Nous avions déjà pris une claque au petit centre de sensibilisation MAG de Vientiane et l’exposition est encore plus complète ici. Nous nous sentons, une nouvelle fois, tout penauds à la sortie d’une réalité frappante, le pays n’est pas prêt de se débarrasser de ses bombes non explosées avant plusieurs décennies.

Afin de faire remonter le moral, nous partons découvrir le bar restaurant Utopia particulièrement apprécié de tous les étrangers de passage à Luang Prabang. C’est un lieu avec une ambiance ultra-chill, de la musique en fond, des coussins et canapés partout, et des prises dans tous les coins permettant de se poser avec son ordi pour bosser ou autre. Il y a pas mal de monde qui se regroupe ici et il est très facile de faire des rencontres. Nous nous posons toute l’aprèm sur deux poufs moelleux pour avancer notre blog. Micheline nous rejoins pour sa dernière soirée avant son départ du Laos. Nous partageons encore un super moment avec un dîner de gros et de bonnes bières, le temps est venu de se faire un gros câlin !

Chapitre 3 : Ock Pop Tok& Song of Lao elephant

Aujourd’hui nous partons à la découverte d’un centre d’artisanat autour du tissage situé plus en périphérie de ville. Nous y allons à pied comme à notre habitude mais la route n’est pas la plus belle. C’est un grand boulevard de circulation mais sur le chemin nous tombons sur des petites choses intéressantes comme le mémorial du président, lieu paisible et bien aménagé. Nous nous arrêtons également dans le temple Wat Chai PhatTich où les chants résonnent au sein d’un bâtiment d’or. Non loin de là un bouddha couché se repose entouré de murs étriqués. Nous descendons plus en contrebas pour découvrir une terrasse avec vue sur le Mékong et les bateaux des pêcheurs, sincèrement, ça pourrait être un super spot de coucher de soleil !

Nous arrivons enfin au Ock Pop Tok. Partie de la collaboration entre une anglaise et une laotienne, cette entreprise a permis de développer un réseau et un commerce visant à perpétuer le travail si délicat des tisserandes. En rentrant sur le site, on nous propose un free tour pour expliquer le processus de la soie jusque son exploitation. Il y a aussi un restaurant, une boutique (et une autre en centre-ville), des workshops de tissage, et des tisserandes qui sont à l’œuvre sous l’œil ébahi des touristes. Nous suivons donc un guide qui passe une belle demi-heure à nous expliquer l’ensemble du processus, du ver à soie jusqu’à l’écharpe. Décidément le Laos nous aura permis d’en apprendre beaucoup sur le travail de la soie !

Astuce activité : Ock Pop Tok a deux boutiques, une en centre-ville et une à l’extérieur de la ville. Des tuk-tuks gratuit font le lien entre les deux. Très bonne explication en anglais, beauté du lieu et des créations garantie.

Le soir, nous sortons au cinéma ! Le retaurant Big Tree Cofe, dans une petite salle d’exposition à l’étage, projette à la demande deux films : un qui parle de la ville de Luang Prabang dont le centre est classé UNESCO ; un deuxième du nom de Song of Lao elephant, que l’on veut visionner. C’est un film qui date de 2012 d’environ une heure qui montre la relation entre le Laos, les laotiens et les éléphants. Le réalisateur ne prend pas spécialement de position mais montre toute les facettes de la vie de l’éléphant auprès de l’homme dans ce pays. C’est un film dur, montrant les croyances des hommes envers l’animal, et comment celui-ci vit au sein des communautés, du dressage barbare qui s’effectue lors de la séparation du petit de sa maman jusqu’à son travail dans la jungle ou sa participation aux rites et cérémonies. Un film bouleversant à ne pas manquer…

Astuce activité : Outre le fait que la cuisine est très bonne au BigTreecafe, il est possible d’aller voir un des deux films. Il suffit de demander et on vous installera dans la salle du haut.

Chapitre 4 : Aumône, temples et marché

Réveil à 4h30 du matin, nous nous levons pour assister discrètement à l’aumône des bonzes (moines) qui s’effectuent quotidiennement avant le lever du soleil. C’est une cérémonie intime entre les moines et les habitants qui se déroulent chaque jour. Nous avons décidé de rester dans notre quartier, excentré et résidentiel, plus à l’abri des foules de curieux du centre-ville touristique. Nous nous tapissons dans l’ombre, à l’abri des lampadaires, et nous faisons les plus petits possible. En face, des habitants ont sorti leurs petites chaises et leur stock de riz gluant et autres préparations. Les moines passent en file indienne et récoltent tour à tour ce que leur donnent les habitants. Nous verrons plusieurs passages, contents d’assister à cette cérémonie éloquente sur le rapport qu’entretiennent les habitants avec le bouddhisme et les moines.

Nous sommes désormais bien réveillés, nous décidons donc de faire un tour de la presqu’île ! Il fait à peine jour, la brume est basse et procure une touche de mystère aux bâtisses blanches de la ville. Nous déambulons comme nous adorons le faire, en refaisant le monde tout en cherchant un petit déjeuner café/croissant. Mais, nous sommes bien trop matinaux pour cette ville encore endormie et les commerces n’ont pas encore ouvert leurs portes ! Nous faisons un tour des berges et des ruelles adjacentes, découvrant de magnifiques ensemble architecturaux et des bâtisses intimistes le long de pas de mules pavés. La ville est à nous et ses temples ont ouvert leurs portes discrètement. Nous en profitons pour passer les portails gratuitement. Cela nous permet de visiter le temple Wat XiengThong, avec des jeux de toitures ultra esthétiques. Nous finissons sur la rue principale, cela fait déjà 1h30 que l’on marche, pour enfin tomber sur un commerce avec des croissants fumants dans la vitrine. C’est le moment d’arrêter notre balade de l’aube pour satisfaire nos estomacs qui ne savent plus l’heure qu’il est.

On se prélasse à notre auberge le reste de la journée et on sort finalement en fin d’après-midi pour un coucher de soleil au sommet du Mont Phou Si, un stupa doré au sommet d’une colline où les gens aiment s’agglutiner pour regarder le soleil s’endormir dans les eaux de la rivière. Elodie n’apprécie pas franchement le moment mais il faut avouer que la vue en vaut la chandelle. La ville est sous nos yeux, illuminée par les derniers rayons de soleils aux couleurs chaudes. Une sensation de relief qui enjolive les formes urbaines pour notre plus grand plaisir.

À la redescente, nous zigzaguons dans les allées étroites du marché touristique de la ville, dont nous ne nous lassons pas depuis quelques jours. Il est coloré et fourni de beaux articles. Il donne un joli échantillon de ce qui peut se trouver sur l’ensemble des marchés asiatiques « artisanaux » de la Thaïlande au Vietnam… Le problème ? Devant un tel étalage, des dizaines de potentiels achats te tendent les mains en te disant que tu as besoin de cadeaux pour tes proches ou toi-même ! Heureusement, on sait résister, et on sait aussi ce que l’on veut sans se laisser tenter par plus.

Au sein de ce « night market », il y a aussi le marché alimentaire et les stands de sandwichs/smoothies qui sont énoooormes pour de tout petit prix. On l’avoue, on adore l’Asie pour sa bouffe de rue à prix minis et on se gave de mangues, fruits de la passion ou noix de coco à peu près tous les jours.

Chapitre 5 : Kuang Si falls et fondue

Nous voulons absolument voir les cascades situées en dehors de la ville. Nous étudions les possibilités pour y aller par nous-même notamment en vélo mais on ne trouve pas notre bonheur en ville en terme de location et nous ne sommes pas dans notre plus grande humeur sportive. En effet, le nombre de kilomètres est raisonnable mais googlemaps nous indique un bon dénivelé.

Nous décidons finalement de prendre un transport touristique, directement auprès de notre hôtel. Un minivan vient nous chercher et nous partons donc vers 9h du matin, après une heure de route, nous arrivons à destination. On nous laisse libre sur place à seule condition que nous devons revenir sur le parking 3h plus tard.

Le site est bien aménagé, et il y a 3 chemins visibles. Le chemin principal, central, qui amène à chaque cascade assez rapidement, c’est le plus emprunté. Il y a ensuite un chemin sur chaque côté, qui permettent de faire une grande boucle. Nous partons donc vers la droite en suivant un chemin qui s’enfonce dans la forêt adjacente. Nous sommes seuls, et ça nous permet d’être plus au calme et de croiser une araignée effroyable. Nous arrivons à la cascade principale d’un bleu laiteux sublime ! Puis nous montons à son sommet via un chemin de terre, du haut la vue n’est pas trop dégagée mais la balade est vraiment sympa. Le temps de faire un petit plouf, nous redescendons et voyons de nouveaux bassins et cascades, eux aussi d’une couleur magnifique, c’est un parc aménagé et très fréquenté mais on y voit de belles choses ! Aussi le matin semble être plus calme que l’après-midi pour la visite.

Astuce visite : Via notre hôtel, le minivan A/R coûte 32 500 kips/pers pour aller aux Kuang Si Falls. Le parc coûte 20 000kips/pers.

Après-midi tranquillou avant de conclure la journée par une spécialité laotienne : la fondue de viandes et légumes. Il s’agit d’une plaque sur laquelle la viande grille et déverse son jus dans les compartiment latéraux ou un petit bouillon de légumes et pâtes frétille. Après c’est à nous de faire notre sauce et c’est plutôt marrant ! A faire une fois au moins.

Chapitre 6 : Rive Nord & détente

Pour nos derniers jours et après avoir parcouru en long en large et en travers les rues de la ville nous décidons de nous aventurer sur d’autres rives. Nous commençons par la rive Nord du Mékong et pour cela nous prenons un petit traversier. Il y a une boucle sympa à faire à pied, d’environ 8 km en campagne et passant par de nombreux temples.

Le problème comme partout dans ce pays, c’est qu’absolument tout est payant et qu’aujourd’hui tout ce que l’on veut, c’est marcher. Nous décidons donc de n’entrer dans aucun des temples, pour ne pas avoir à nous acquitter de 1 ou 2 euros chacun à chaque fois (il y en a quand même au moins 5/6 sur le chemin). Le très beau chemin aménagé finit par traverser un temple payant et nous décidons donc de prendre un chemin alternatif nous amenant plus encore dans la campagne laotienne. Nous passons par des chemins poussiéreux, un temple en construction, ou encore une forêt aménagé pour des rituels bouddhistes. Nous finissons notre balade par un bon moment détente au bord de l’eau du Mékong, admirant les bateaux des pêcheurs et la ville en face.

Chapitre 7 : Rive sud & shopping

Notre dernier jour est arrivé et nous décidons de traverser le pont du nom de Old french bridge qui mène de l’autre côté de la rive de la rivière Nam Khan. A ce qu’il parait on y trouve encore de nombreuses créations d’artisanat local dont la fabrication traditionnelle du papier de mûrier. Il n’y a pas beaucoup de choix de routes et après le pont nous prenons sur notre gauche sur une voie en plein cagnard mais assez peu fréquentée.

Nous visitons notre première boutique de papeterie fournie en papiers de mûriers (Mûriers qui servent également à nourrir les vers à soie). A côté, la fabrication en direct de ce papier effectuée très certainement en famille. C’est toujours intéressants de voir toutes les étapes du procédé de fabrication jusqu’à la vente sous les yeux.

Suite à cette première boutique nous croisons d’innombrables point de vente de papiers, objets traditionnelles en bois ou encore écharpes et textiles en soie… Après quelques boutiques pour le plaisir des yeux et un souvenir chacun d’estampes, nous rebroussons chemin pour emprunter le pont en bambou qui rejoint l’extrémité de la presqu’île du centre historique de Luang Prabang.

Il est désormais temps pour nous de quitter Luang Prabang, après une semaine à l’apprécier et la parcourir. C’est une ville où on ne s’ennuie pas et où la douceur de vivre règne. Nous nous dirigeons désormais vers les villages du Nord, en commençant par Nong Khiaw !

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