La vallée sacrée de village en village

Dernière étape de notre séjour à Cusco, la vallée sacrée et ses nombreux sites architecturaux. Nous avons décidé de la découvrir en sautant de village en village. C’est parti pour 5 jours en immersion dans la culture inca.

Mais avant tout voici le sommaire de cet article :

De Saqsayhuaman à Puka Pukara

Astuce visite : Pour visiter la vallée sacrée en plusieurs jours il faudra nécessairement le boleto turistico qui, pour 130 soles, vous donne accès à l'ensemble des sites archéologiques de la vallée ainsi qu'à certains musées de Cusco. Il est valable 10 jours.

Après un grand au revoir à nos chères compagnonnes de voyage Sab et Juliet avec qui nous avons passé deux superbes semaines, nous voilà partis pour un tour de plusieurs jours de la vallée sacrée et ses merveilles incas. Nous avons choisi d’aller de village en village plutôt que de faire des allers-retours entre Cusco et les sites. Cela permet d’économiser beaucoup d’argent et de ne pas passer trop de temps dans les transports. Pour ce premier jour, les 4 sites les plus proches de Cusco sont en ligne de mire.

Nous commençons par le plus près, Saqsayhuaman dont on arrive à prononcer le nom en disant « sexy woman » ! Il s’agit de la plus importante forteresse inca jamais construite. Elle était à la fois un lieu de culte, de cérémonie et une place d’arme pour protéger la ville de Cusco. Elle fut commencée sous le règne de Pachacutec le plus célèbre empereur inca (on peut le comparer à Jules César, pour l’empire romain) pour impressionner ses rivaux.

Nous aussi nous sommes tout bonnement impressionner par l’envergure du site et par la taille des pierres d’angle des murailles qui peuvent atteindre jusqu’à 6 mètres de haut et 125 tonnes ! Elles sont toutes parfaitement emboîtées ! On se sent tout petit à côté. Il ne reste cependant que 20% du site original car les espagnols ont utilisé les pierres « transportables » pour construire la cité actuelle de Cusco.

Après une petite pause miam sous la pluie nous arrivons au site de Qenqo. Il s’agit d’un site funéraire constitué d’une grotte dans laquelle est sculptée une table cérémoniale pour la momification. Ce qui est fou, c’est qu’à l’arrivée des espagnols les incas ont entièrement recouvert le site de terre, il ne fut redécouvert qu’en 1958.

Après un court trajet en colectivo (1 sol), nous arrivons au site de Tambomachay, un lieu dédié à l’eau et, accessoirement, la maison de repos de l’empereur. On comprend pourquoi, le site est apaisant et inspire la sérénité. Il ne reste plus grand chose hormis quelques magnifiques fontaines taillées dans des pierres massives.

Enfin nous finissons la journée par le site tout proche de Puka Pukara. Il s’agit d’une forteresse surplombant toute la vallée. Elle abritait un régiment ainsi que la garde rapprochée de l’empereur quand il venait se reposer à Tombomachay. Le site est bien conservé et offre un beau point de vue sur les paysages environnants.

On choppe au vol un colectivo pour Pisac (3 soles), un village situé au pied d’un site inca exceptionnel. Nous y trouvons une auberge d’artiste un peu loufoque à 10 min du centre : l’hospedaje de Colores. Le tout pour la modique somme de 30 soles, chambre double et petit déjeuner de roi inclus !

L'immense site de Pisac

Il est 9h30, nous sommes au poste de garde du parc archéologique de Pisac et devant nous une montée de 600 mètres de dénivelé. Les ruines sont réparties sur un site 3 fois plus vaste que le Machu Picchu, une belle journée de randonnée s’annonce !

Notre chemin commence par des escaliers abrupts zigzagants au milieu des terrasses incas, nous traversons également d’anciens greniers. Après une montée d’une heure et demi sous un soleil de plomb le premier site d’importance apparaît : il s’agit du secteur sacré appelé Intiwatana, « là où l’on attache le soleil ». Il est composé du temple du soleil, de la lune, de l’arc-en-ciel, de la pluie, des étoiles et du tonnerre… rien que ça ! Au pied du temple du soleil on trouve une demie Chakana (croix andine) dont l’autre moitié se révèle et la complète le jour du solstice. Le site est vraiment bien conservé avec la fameuse technique d’emboîtement des incas. Pour prendre un peu de hauteur nous sommes montés au belvédère panoramique qui donne une vue imprenable sur la vallée et le site archéologique dans son ensemble. Beaucoup de sueur pour l’atteindre mais impressionnant !

Nous descendons ensuite vers le secteur Qallaqasa, le quartier d’habitation qui offre une vue incroyable sur des terrasses agricoles immenses et verdoyantes. Nous continuons la visite avec le secteur Qantus Raqay avant de repartir vers Pisac en traversant ces fameuses terrasses. Sur la route à flanc de montagne on finit par le quartier d’habitation des nobles, Pisaca. A chaque fois, les ruines présentent l’incroyable ingéniosité des incas, en termes de construction, d’irrigation, d’agriculture et de démesure. Ils sont fous ces incas quand même !

Nous arriverons à Pisac à 16h30 complètement rincés et finissons la journée par un rapide tour du plus grand marché artisanal de la vallée. Nous prendrons ensuite un colectivo pour Urubamba (4 soles) puis un second pour Ollantaytambo (2 soles), un village magnifique où nous passerons 2 nuits.

Les ruines d'Ollantaytambo

Après une grasse mat’ bien méritée et un bon petit déjeuner au marché, nous commençons la visite des ruines situées au dessus du village. Il s’agissait d’un poste défensif de la frontière amazonienne.

Les ruines d’Ollantaytambo présentent quelques singularités par rapport aux autres sites de la région. Premièrement, ce site n’a jamais été fini car la carrière de pierres était située à 4 km sur l’autre flan de la vallée. Il a donc mis beaucoup plus de temps à être réalisé et le chantier fut arrêté à l’arrivée des espagnols. Les immenses monolithes de pierre composant le mur du temple du soleil sont les éléments les plus intéressants. Ils sont énormes et on se demande bien comment ils ont pu les transporter jusqu’ici !

Après la visite nous déambulons dans le village jusqu’à trouver un lieu magnifique pour déguster un chocolat chaud au lait de coco. Le petit village d’Ollantaytambo dégage un charme fou grâce à la conservation d’une partie de son tissu urbain inca et de son tissu urbain plus récent. On retrouve donc des rues avec des portes trapézoïdales, des reconstitutions de maisons d’origines, et des canaux d’irrigation qui coulent le long de la promenade apportant ainsi fraîcheur et ruissellement dans les rues fleuries du village.
Nous visitons d’ailleurs une de ces maisons inca reconstituées où une famille élève des dizaines de cochons d’inde (le Cuy) destinés à être rôtis à la broche. Il s’agit d’un plat traditionnel pour les jours de fêtes et qui est devenu une attraction touristique, impossible de partir du Pérou sans avoir testé ce plat !

Les salines de Maras

Après un copieux petit déjeuner au marché d’Ollantaytambo, nous voilà reparti pour les Salines de Maras, un site emblématique de la vallée sacrée. Nous prenons un colectivo pour Tarabamba (1 sol) un minuscule village entre Ollantaytambo et Urubamba, point de départ pour une randonnée vers les Salines.

Après une petite heure de montée depuis Tarabamba et un soulagement de 20 soles, nous commençons à apercevoir les terrasses des Salines, d’un dégradé du marron au blanc, de la glaise au sel.

Il s’agit d’un site de récolte de sel par évaporation dans des bassins de l’eau provenant des montagnes environnantes. Tout comme le Salar en Bolivie, cette partie du Pérou était sous l’eau et lorsque la mer s’est retirée, elle a chargé le site en sel. Si bien que l’eau sortie de ces montagnes est composée à 14% de sodium. C’est au temps des Incas qu’a commencé l’exploitation de ce site exceptionnel, elle fut continuée par les espagnols et perdure encore aujourd’hui au sein d’une coopérative péruvienne. Le sel est récolté entièrement à la main sans machine ou animal. Il y a trois types de sel récoltés : la première couche, la plus pure est la fleur de sel, la deuxième couche est le gros sel et la dernière qui est mélangée à la glaise est destinée au bétail. Il faut savoir que ce sel doit être iodé pour pouvoir être consommé contrairement à celui de l’océan qui l’est naturellement.

On profite de la vue pendant une petite heure avant de repartir direction Maras. Pendant une heure et demie nous traversons des paysages désertiques sur fond de glacier avant d’arriver dans un village tout aussi désertique. Nous décidons quand même d’y passer la nuit pour visiter le site inca de Moray le lendemain. Après expérience, ne pas dormir à Maras ! Il n’y a rien rien rien du tout, un seul restaurant le soir et plutôt cher et c’est tout. Ce village est un peu déprimant à part si on est du genre à aimer les rues vides et le silence pesant. Du coup nous, nous étions au dodo à 19h !

De Moray à Chinchero

Nous nous réveillons tôt et après un frugal petit déjeuner au marché nous partons pour 2 heures de randonnée afin de rejoindre le site inca de Moray. La marche est agréable dans un paysage vallonné avec en fond les sommets enneigés de la cordillère. Comme d’habitude ça monte bien, le Pérou n’est pas réputé pour être plat, on y laisse quelques gouttes de sueur encore une fois !

Nous arrivons finalement devant les cuvettes aménagées de terrasses ondulantes. C’est un paysage très photogénique. Il s’agissait en fait d’un site d’expérimentation agricole des incas. La dépression naturelle crée des microclimats qui varient en fonction de la position sur le site. Ainsi, ils testaient différentes semences avant de les diffuser dans l’empire.

Après un tour du site nous repartons en sens inverse vers Maras où l’on récupère un taxi (1 soles) et un colectivo (2 soles) pour Chinchero. Une fois nos estomacs satisfaits nous souhaitons visiter le site de Chincheron, c’est à dire un site inca sur lequel un monastère espagnol a été construit. Sauf qu’aujourd’hui c’est la fête du Corpus Cristo et des centaines de personnes ont envahi le site pour un concours de danses traditionnelles, bonne humeur au rendez-vous, nous ne profiterons donc pas des ruines mais à notre plus grand plaisir d’un spectacle haut en couleurs ! Après cela nous rentrerons tranquillement jusqu’à Cusco (3 soles) où l’effervescence de la fête a conquis toute la ville ! Il faut savoir que lors de cette fête des centaines de stands de nourritures sont établis et proposent le traditionnel cuy (cochon d’inde) qui se mange rôti à la broche. Nous ne l’avons pas testé (Elodie les ayant vu vivant la veille, le flashback fut irrévocable) mais nous avons profité de l’occasion pour manger dans la rue et profiter de l’ambiance générale !

Derniers moments à Cusco

Nous profitons de la journée pour acheter nos tickets de bus Cusco-Arequipa dans une compagnie locale « Turismo Real » pour le prix dérisoire et négocié à 25 soles/ personne.
En comparaison les autres compagnies et notamment les plus connus chez les voyageurs font des prix entre 50 et 100 soles pour ce trajet. Un bon petit trajet de 10h en perspective ! Nous partirons le soir après 3 semaines dans la région de Cusco.

En attendant, nous irons dans notre petit resto préféré de la ville, le Nina Allpa proche de la place d’armes. Entrée, soupe d’asperges, plat, ravioli végétarien et pâtes sautée, dessert, bananes flambées au pisco accompagnés d’un jus de fruit de la passion. Un régale pour 16 soles. Nous finirons l’après-midi à l’hôtel en attendant notre bus pour la ville ensoleillée d’Arequipa.

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