Découverte du canyon de Chicamocha

Après avoir vraiment adoré notre trek dans le canyon de Colca au Pérou, nous voilà fortement intéressés par la découverte du canyon de Chicamocha, localisé à quelques pas de San Gil ! Débarrassés de nos tentes, c’est un trek entre villages coloniaux typiques et nature qui nous attend.

Mais avant tout voici le sommaire de cet article :

Jour 1 : De villages en villages

Stats : Barichara – Guane – Villanueva
> 17 km de marche
> 650 m dénivelé positif
> 290 m dénivelé négatif
> Temps de marche : 6h

A la gare des transports locaux nous prenons un colectivo pour Barichara, à une demi heure de San Gil et point de départ de notre trek. Après avoir quitter l’axe principal le colectivo nous fait voyager au milieu des plaines verdoyantes avant de nous déposer sur la place principale, devant l’église massive en pierres rouges.

Astuce transport : le colectivo entre San Gil et Barichara coûte 5 200 COP.

Barichara est un bel exemple de village colonial typique de la région Santander. Un plan en quadrillage simple aux routes pavées, des constructions basses blanchies à la chaux, des boiseries peintes en vert ou brun et des toits en tuiles de terre ocre. Nous prenons plaisir à parcourir ses petites rues en apparence similaires mais qui cachent de belles places et églises. Une fois franchis quelques porches, nous découvrons de magnifiques cours et jardins fleuris. En montant sur les hauteurs du village de beaux panoramas sur la plaine environnante s’offrent à nos yeux.

Nous rejoignons le point départ de la randonnée pour Guane au nord du village. Ce chemin ancien appelé « Camino Real » faisait parti d’un vaste réseau construit par les indigènes. À partir de 1864 cette partie est restaurée à l’identique par l’allemand George von Lenguerke. Serpentant entre les pâturages, les champs de cactus et les petites fermes il permet d’atteindre 500m plus bas, en à peine 2h, le petit village de campagne de Guane.

Sous un beau soleil nous descendons ce chemin pavé. Au vu de la végétation, ici il fait chaud et sec toute l’année, arbres noueux, bosquets de cactus et buissons épineux. Tout au long du chemin de beaux points de vue s’ouvrent sur les contreforts du canyon et la chaîne de montagnes au loin. La plupart du temps nous sommes bordés de murets en pierres sèches qui nous séparent des finca et des rares habitations.

Nous arrivons à Guane où règnent le calme plat et la tranquillité des petits villages de campagne délaissés. Plus petit que Barichara, il a un charme fou avec ses rues pavées, ces petites maisons aux charpentes tordues et ces arbres fleuris qui recouvrent les murs blancs.

Nous trouvons un petit restaurant pour manger le traditionnel repas soupe-plat avant de passer par la place principale pour continuer notre route vers Villanueva. Fini la descente maintenant ça monte dure, à chaque fois que l’on se retourne les points de vues splendides s’enchaînent, d’abord sur le village puis sur le canyon.

À partir de maintenant nous sortons des sentiers battus, nous n’avions croisé qu’une dizaine de personnes sur le premier tronçon mais là nous sommes vraiment seuls. D’ailleurs le chemin est beaucoup plus sauvage et moins entretenus, ce qui n’enlève rien à son charme, bien au contraire.

Nous arrivons au mirador de la Vierge, toujours une vue superbe mais au loin montent de gros nuages noirs. Le temps est changeant dans cette région et il éclate souvent un gros orage en fin d’après-midi. Nous continuons donc, un peu plus rapidement sur une route de terre, tout aussi déserte. C’est bon nous sommes sur la crête de canyon avec un beau panorama… sur l’orage qui nous arrive dessus.

Hélas nous n’y échappons pas, la pluie commence à tomber et il nous reste encore une bonne heure et demie de marche. En plus nous avons mal géré notre temps car nous allons sûrement arriver de nuit. Suivant maps.me nous continuons sur un petit chemin qui descend vers Villanueva, mais au bout d’une heure, la direction n’est pas claire avec pleins de bifurcations et nous nous perdons dans une nature dense entre petites forêts et terrains rocailleux. Nous sommes sans tente, nous ne pouvons rester là alors que la nuit tombe et que la visibilité se réduit de plus en plus. Franchement nous commençons à flipper. Mais finalement nous retrouvons le chemin eureka ! Nous arrivons enfin au village de nuit après 20min à la lampe torche sur un sentier traversant une petit forêt. Nous tapons à la porte de la première guesthouse sur notre route qui nous propose une belle chambre pas très chère, c’est parfait. C’est donc une première belle journée de marche malgré une petite frayeur sur la fin, nous avons hâte de découvrir la suite.

Astuce logement : la Pousada Villa Chepy propose des chambres doubles avec sdb sans petit dej pour 35 000 COP.

Jour 2 : Descente dans le canyon

Stats : Villanueva – Jordan
> 15 km
> 325 m dénivelé positif
> 1335 m dénivelé négatif
> Temps de marche : 6h30

Aujourd’hui c’est principalement de la descente jusqu’au fond du canyon. Villanueva n’a pas le cachet des deux premiers villages traversés, aussi après un petit dej sur l’immense place nous le quittons rapidement. La route de terre en pente douce nous fait traverser les champs de tabac, c’est la première fois que nous voyons cette culture qui nécessite de grands séchoirs que nous croisons tout au long du chemin.

Après deux premières heures tranquilles, nous arrivons au mirador du canyon et c’est sensationnel. Falaises abruptes et rivière en fond, magnifique, juste pour cette vue là ça vaut le coup de faire ce trek ! Il y a une petite maison avec un jardin fleuri qui propose normalement des rafraîchissements mais elle était malheureusement fermée à notre passage. Nous pensions faire le plein en eau mais impossible, nous sommes partis avec 3 litres cependant avec cette chaleur ce n’est pas suffisant, nous devrons l’économiser sur la descente.

D’ailleurs en parlant de descente celle-ci est pour le moins abrupte ! Nous récupérons ici le camino real large d’à peine 1 mètre qui descend à flanc de falaise. C’est impressionnant, un peu flippant mais on est content. Nous descendons donc deux tiers de la hauteur sur ce chemin pavé avant que les pierres se transforment en gravier glissant, un peu moins drôle. Plus prudent encore, sous un soleil de plomb mais ébahis par les vues, nous continuons. C’est fous que ce trek ne soit pas connu.

Après 2h30 de descente, les cuisses en feu et la gorge sèche nous foulons le fond du canyon, proche de la rivière déchaînée. À la première maison nous rechargeons nos gourdes : « ahhhhhhh ça fait du bien ! » Une petite heure de marche termine cette belle aventure pour atteindre Jordan, notre base nocturne. Autant Guane paraissait tranquille, autant Jordan c’est plutôt désert, voir un peu abandonné. Nous trouvons la cantine locale afin de déguster une bonne soupe et un plat roboratif. Ensuite nous partons à la recherche d’une chambre, normalement il y a deux auberges. Mais à notre grand désarroi elles sont toutes les deux remplies, non pas par des touristes mais par des travailleurs qui restaurent la route Jordan-los Santos que nous allons parcourir demain. Il nous reste une option, c’est de faire demi tour et d’atteindre un hôtel à une demi-heure qui nous vend une chambre super chère sans autre raison qu’il est le seul disponible. Merci mais non merci. À force de demander à plusieurs personnes au village nous finissons par être hébergés par une famille dont le fils est en étude à Bogota et dont la chambre est disponible pour 30000 COP, nous prenons, ravis ! Il y a toujours une solution dans ce pays, il faut juste bien chercher ! Pour la fin d’après-midi nous prenons quelques bières sur la petite place principale plutôt jolie avant d’aller se coucher tôt.

Jour 3 : Remontée et Traversée

Stats : Jordan – Los Santos – Téléphérique – San Gil
> 5.5 km
> 870 m dénivelé positif
> 0 m dénivelé négatif
> Temps de marche : 3h

Couchés tôt, levés tôt. Nous quittons Jordan par le grand pont suspendu qui enjambe la rivière déchaînée. Nous devons remonter de l’autre côté du canyon, en 5km, 870 mètres de dénivelé ! Dans la fraîcheur du matin la marche est agréable. Le large chemin en pavage de pierres monte tout d’abord tranquillement puis l’angle de la pente s’accentue. Tout au long de la route nous rencontrons des groupes de travailleurs qui refont entièrement de larges portions. Sur la fin nous découvrons une route toute neuve est c’est super bien restauré, d’ici 1 an il devrait être entièrement terminé. Nous alternons entre points de vue sur le canyon et petites forêts, la montée est longue mais vraiment agréable et le temps passe vite.

Heureux et suants, nous arrivons 3 heures plus tard à Los Santos, petit village colonial vivant, les rues ne sont pas vides ici. Nous prenons le temps de savourer un repas bien mérité avant de grimper dans un premier bus direction la Mesa. Nous descendons au croisement avec la Via Teleferica où un deuxième bus nous déposera à l’entrée du téléphérique.

Astuce transport : le premier bus coûte 4000 COP et le deuxième 3000 COP.

Le plus grand téléphérique de Colombie traverse de part en part le canyon de Chicamocha. C’est un bon moyen pour rentrer à San Gil car la route principale est de l’autre côté. En bus il faut compter de 3 à 4h pour faire le tour du canyon. Le téléphérique dépend du parc d’attraction Panachi et la plupart des touristes font un aller-retour. Nous ne souhaitons pas visiter ce gros parc, nous prendrons seulement la cabine dans un sens afin de franchir le canyon et récupérer un bus vers San Gil.

Astuce transport : Le téléphérique en sens unique coûte 30 000 COP par personne.

Il n’y a personne, nous avons donc une cabine rien que pour nous ! La descente est vertigineuse au-dessus de la pente abrupte recouverte d’une mer de cactus. La vue au centre du canyon est imprenable avant une remontée tout en douceur sur la pente opposée. Voilà, en 20 minutes nous avons fait l’équivalent des 3 derniers jours de marche ! C’est top de pouvoir finir le trek par cette petite attraction, nous savourons d’autant plus le chemin parcouru pour l’atteindre.

Nous prenons un bus du parc vers San Gil avant de regagner, bien fatigués, notre auberge. Ce fut une belle aventure à la découverte du canyon et de ses villages coloniaux. Nous étions hors des routes touristiques, seuls en pleine nature, c’était tout simplement génial !

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