Au fil de la rivière Nam Ou

Nous quittons la belle ville de Luang Prabang pour monter dans le nord du pays découvrir de petits villages installés le long de la rivière Nam Ou. D’abord à Nong Khiaw puis ensuite à Muang Ngoi nous passerons des jours paisibles entre découverte de paysages karstiques et après-midi hamacs face à aux eaux tranquilles de la rivière.

Mais avant tout voici le sommaire de cet article :

Nong Khiaw, village paisible

Nous prenons un minivan depuis la gare routière de Luang Prabang et après 3h30 sur une route défoncée nous atteignons Nong Khiaw. Durant le trajet nous constatons que les chinois construisent un énorme barrage qui noie petit à petit la plaine en aval. Terres et maisons des paysans se retrouvent à moitié sous l’eau, espérons au moins que la future énergie produite reviendra au Laos et non à la Chine !

Astuce transport : En allant directement à la gare des bus régionaux, le trajet Luang Prabang-Nong Khiaw coûte 60 000 Kips avec pick up à l’hôtel.

Nong Khiaw c’est un petit village coincé entre les pics karstiques et établit sur les deux rives de la rivière Nam Ou. Un grand pont traversé par la route principale connecte les deux parties du bourg. Alors que la rive ouest rassemble les villageois, la rive est concentre plutôt la majorité des hôtels, restaurants et agences de voyage. Comme souvent, nous choisissons la partie locale et trouvons facilement un petit bungalow suspendu au-dessus de la rivière, caché derrière l’école du village.

Astuce logement : Le Pho Sai Guesthouse propose des petits bungalows négociés à 60 000 kips la nuit avec sdb privative et terrasse sur la rivière avec hamac.

Après cette recherche épuisante (pour une fois on blague), le soleil et le hamac nous attire pour le reste d’une après-midi tranquille. Tout passe paisiblement ici, quelques bateaux pétaradants sur la rivière, les cris des enfants qui jouent dans la cour de l’école, les raclements de gorge de notre hôte (bon ça c’est beaucoup moins glamour mais ça fait partie du paysage laotien, bon appétit !).

Nous trouvons également une cantine excellente à petits prix où nous passerons tous nos repas. Le restaurant s’appelle Mama Laos et nous y dégustons de délicieuses soupes de légumes, nouilles sautées et surtout de la courge mijotée au curry jaune.

Les points de vue Nang None et Phadeng

Ici, si tu ne veux pas partir en trek avec guide il te reste le VTT et deux points de vues à escalader. Nous choisissons plutôt les points de vue qui nous accaparent seulement quelques heures par jour.

Nous commençons par le Nang None dont le départ est sur la partie ouest du village. La montée est abrupte, peu aménagée, dans la végétation dense. Le chemin nous amène à deux plateformes donnant une vue de folie à 180° sur le village en contrebas, la rivière et la dentelle des pics karstiques dont les plans se succèdent à l’horizon. Nous y passons une bonne heure à contempler, prendre le soleil et même faire une petite sieste pour Elo pendant que Micka dessine.

Une fois montés bien obligés de redescendre ! La descente est toute aussi ardue que la montée sur ce terrain très pentue et nous arrivons au village au coucher du soleil. Le froid nocturne s’installe, ici la température nocturne descend proche des 5°C et les habitations sont quelques peu perméables ! Alors nous allons déguster notre dîner chez Mama Laos avant de nous glisser sous la couette. Le bungalow est confortable avec une bonne literie mais il est occupé ! En effet la nuit nous entendons les petites souris courir sous le plancher, un vrai marathon! Pas de soucis sauf qu’en notre absence elles ont troué le sac d’Elo pour aller manger la banane qui s’y cachait ! Dès le lendemain nous nous empressons de tout mettre en hauteur. Encore une expérience qui nous fait maintenant bien rire.

Le lendemain matin, doux réveil et petit déjeuner au soleil depuis la terrasse de notre bungalow. Aujourd’hui, nous prenons le temps de lire, écrire et faire de la couture, merci les souris ! En milieu de journée Micka se chauffe pour faire le point de vue de Phadeng à l’est du village qui offre une vue à 360° de la vallée.

Astuce visite : L'accès au point de vue de Phadeng coûte 20 000 kips et l'accès au point de vue de Nang None 15 000 kips.

La montée est mieux aménagée, des marches ont été taillée tout du long. Après une petite heure de grimpette on arrive au sommet et le panorama est juste dingue ! Au pied la rivière fait un virage à 90°, on peut embrasser les deux vallées d’un seul regard lors d’un magnifique coucher de soleil.

Au bout du monde à Muang Ngoy

Au matin nous embarquons dans une petite barque à moteur pour remonter la rivière jusqu’à Muang Ngoy, minuscule village du bout du monde. Ce qui est exceptionnel avec le Laos, c’est que dès que l’on quitte une ville ou un village, on est directement plongé dans une nature préservée, surtout ici loin dans le nord. En suivant la rivière nous slalomons parmis les géants de roche recouverts de végétation en croisant seulement quelques bateaux de pêcheurs. Pourtant un bémol flagrant, le niveau de la rivière est extrêmement bas alors que nous ne sommes qu’au premier mois de la saison sèche ! On nous explique que les chinois ont construit un barrage en amont de la rivière et qu’ils ont complètement coupé le débit d’eau pour assurer leur quota d’électricité. Le niveau de la rivière est tellement bas que nous sommes obligés de descendre du bateau afin de parcourir un kilomètre à pied avant de rembarquer. Les villages fluviaux sont durement touchés avec une surface de pèche divisé par deux voir trois. Certains ne sont même plus accessibles alors qu’il n’y a pas de route ! Triste constat du triple impact environnemental, économique et social du progrès (l’électricité exportée vers la Chine et le Vietnam) sur ces populations quasiment autonomes et respectueuses de leur environnement nourissié qui n’ont rien demandé à personne.

De la rivière, le village dans son environnement naturel est juste magnifique avec ses maisons au bord de l’eau au milieu des bananiers et des potagers. Il n’y a qu’une rue dans ce village, en terre et d’un petit kilomètre de long, avec un temple bouddhique au nord et un ruisseau au sud, on a vite fait le tour ! Nous emménageons dans un petit bungalow dont la terrasse donne sur la rivière et les pics karstiques. Le paysage environnant est vraiment incroyable et nous ravit, nous ne nous attendions pas à trouver une telle nature préservée au Laos, c’est un coup de cœur incontestable.

Nous souhaitions venir dans ce village pour profiter d’une belle randonnée à travers la campagne et les villages ethniques, c’est pourquoi ce matin nous partons d’un bon pas vers Houay Sen, le plus éloigné. Comme toujours dans ce pays, dès que tu veux voir quelque chose, il faut payer, pas grand chose mais il faut toujours payer. Sur le chemin de terre vers le village, au “poste de garde” nous nous allégeons chacun de 10 000 kips. À peu près au même endroit nous visons une grotte profonde et pas forcément belle mais qui aurait abrités les villageois pendant les bombardements américains, ça donne la chair de poule, aucune envie d’être enfermés ici ! Nous continuons une petite heure entre rizière, petite rivière et nature foisonnante avant d’atteindre le village. Les petits enfants nous accueillent avec des grands “HELLLOOOO” quand les adultes restent plutôt indifférents ou nous regardent fixement. Nous passons devant quelques femmes concentrées sur leur métier à tisser au bruit du clac-clac assuré des pédales de la machine. Nous sommes invités à contempler leur travail minutieux, sans acheter nous nous arrêtons tout de même pour boire un café et manger une salade de fruits frais préparée par une famille accueillante. Ici, seulement des maisons traditionnelles en bois et une ambiance paisible et bienveillante, on s’y sent bien. Après cette petite pause nous dépassons le village pour découvrir un jolie point de vue sur les rizières sèchent aux couleurs dorées. Le paysage doit être fantastique avec les rizières vertes mais qui dit riz vert dit saison des pluies et nous, on préfère le soleil

Nous rebroussons chemin pour prendre au premier croisement la direction du plus gros village de la vallée, Ba Na. C’est un vrai plaisir de randonner dans cette nature avec aucun bruit de moteur à l’horizon. Cependant nous accrochons moins avec l’ambiance de ce village là, difficile à expliquer … nous revenons donc vite sur nos pas pour regagner tranquillement Muang Ngoy. C’est finalement 15 kilomètres que nous aurons parcouru dans cette belle campagne.

Le lendemain, nous lézardons la matinée avant de se motiver pour gravir le point de vue de Pha Boom au sud du village. On nous dit qu’il faut au minimum 4h pour l’aller-retour et que c’est du costaud ! Pourtant le point de vue est au sommet d’un des pics karstiques entourant le village qui culmine à 600 mètres maximum et qui n’est pas à plus d’un kilomètre de notre cabane, bon, nous verrons bien.

Astuce visite : L'accès au Point de vue de Pha Boom coûte 10 000 VND par personne.

Et bien nous avons vu et c’était du costaud comme prévu ! Nous n’avons pas fait de la randonnée mais de l’escalade. Le point de vue se découpe en deux parties. Un escalier grossièrement aménagé permet d’atteindre le premier point de vue à mi-hauteur en faisant chauffer à blanc cuisses et mollets. La vue est déjà sympa sur le village et la rivière. Mais c’est là que la “vrai” ascension commence, plus d’escalier, c’est de l’escalade. On alterne entre longue pente terreuse entre les bambous où seule une corde permet de se hisser, et escalade sur des parois rocheuses plus ou moins inclinées. On adore franchement on est comme des gamins et la récompense vaut l’effort ! Vue à 360° c’est magnifique, pour le coup, en haut de ce rocher, nous sommes les rois du monde !

La descente est cependant bien moins drôle et finalement plus ardue que la montée. Il faut descendre en rappel le long des parois à l’aide des cordes. C’est plus physique et l’appréhension de la chute est plus importante, nous mettrons plus de temps pour le retour que pour l’aller et c’est au coucher du soleil que nous regagnons notre cabane. Nous partions pour une petite grimpette tranquillou, nous en revenons moulus et c’est sur, les courbatures se feront sentir demain.

Un long périple pour la frontière

Nous sommes le 11 décembre, notre visa arrive à expiration dans 2 jours et nous devons rejoindre le 14 notre amie Alizée à Hanoï, la capitale du Vietnam, à quelques 500 km d’ici à vol d’oiseau. Nous avions prévu de remonter en bateau la rivière Nam Ou jusqu’à la ville de Muang Khua en un peu plus de 7h de navigation. Puis d’embarquer dans un bus direction la ville de Dien Ben Phu au Vietnam où nous aurions pris un bus longue distance pour Hanoï. Rien de plus simple mais notre plan tombe malheureusement à l’eau car au vu du niveau de la rivière impossible de la remonter ! Nous optons donc à contre cœur pour la deuxième option, bien plus longue et coûteuse.

En effet, nous reprenons au petit matin un bateau pour Nong Khiaw pour récupérer le minivan qui retourne à Luang Prabang où nous passerons la nuit. Nous finirons en beauté par un bus Luang Prabang-Hanoï d’à peine 25h. Une première pour nous, grand moment en prévision après ces jours paisibles loin de la circulation !

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